ACTE DEUXIÈME
DOMINOIS.
C'est mon vœu le plus cher ; seulement nous avons des relations si... si... élevées, qu'elles sont naturellement susceptibles.
MADAME DOMINOIS.
Elles ont le droit de l'être.
DOMINOIS.
Certes, elles ont le droit.... (sas, à madame Dominols.) Ne
m'interrompez pas ; c'est assez difficile à dire (Haut.) Notre monde est très scrupuleux... Je dirai même chatouilleux. Nous le sommes trop, car enfin, une faute... Mon Dieu une faute... une faute même grave !... on la pardonne toujours, quand on la commet soi-même.
LUCIEN, à part.
Il devient fou.
DOMINOIS.
Far goût je serais indulgent... 11 est dans ma nature d'être
indulgent. (S'apercovant que madame Dominois l'a (luilto pour aller s'asseoir à part.) Elle me laisse tout dire ! Voilà bien la lâcheté des femmes.
LUCIEN
A qui en avez-vous avec ce discours, monsieur Dominois ?
HENRIETTE
Je vous avoue que je ne comprends pas un mot à ce que vous nous racontez là.
DOMINOIS.
Il me semblait qu'une retraite prudente, sous prétexte de migraine... on ne sait pas les services que la migraine rend à l'humanité. Cette bonne migraine ! Vous l'aviez précisément ce matin, madame.
Je vous prie, monsieur, d'être tout à fait clair.
D 0 M I N 0 I s, . rec énergie.
Je le serai, monsieur, puisque vous m'y obligez. Nous avons ici le célèbre Léo Amati, de son vrai nom Tristan de Morangis.
LUCIEN
Eh bien, monsieur ?
DOMINOIS.
Eh bien, je trouve que la présence de madame dans le même salon... est au moins étrange I
LUCIEN, furieux.
Savez-vous bien ce que vous dites ?
HENRIETTE, affolée.
Vous voulez me renvoyer parce que M. de Morangis est ici ?
DOMINOIS, gravement.
Parce qu'il est entré dans mes salons avec sa iemrae.
LUCIEN, prêt à s'élancer.
Monsieur !
TRISTAN, qui est entré depuis un instant .
11 n'y a ici qu'une madame de Morangis... et elle est devant vous.
Mouvement général.
LA PRINCESSE, à Tristan.
Vous ne m'aviez pas dit que vous aviez une fille!
TRISTAN, stupéfait.
Une fille !