‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 246 sur 307 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LE PRINCE

Seulement?

LA PRINCESSE

Bolesco, vous ne m'avez pas fait compliment sur la façon dont j'ai habillé votre fils!

BOLESCO.

Grégory? Je ne l'ai pas encore vu. Le prince m'a accaparé pour sa partie de whist... Et à propos de Grégory, je voulais vous parler de lui, Serdza, vous le gâtez horriblement.

LE PRINCE

Je ne le contrarie jamais, voilà tout. Est-ce qu'il se plaint de moi?

BOLESCO.

Au contraire, il vous adore; mais il est très. mal élevé.

LE PRINCE

Je suppose que ce n'est pas un reproche?

BOLESCO.

Ma foi! si.

LE PRINCE, vivement.

Par exemple!

LA PRINCESSE, prenant le prince.

Ne VOUS fâchez pas, Bolesco a raison : vous élevez horriblement cet enfant; il faudrait le corriger.

LE PRINCE

A quoi bon? il aura évidemment tous les défauts; c'est le portrait de son père.

DOMINOIS, à part.

Il aplatit le prédécesseur.

BOLESCO.

Si VOUS voulez prendre une carte, princesse?

Ils prennent chacun une carte. Dominois, le prince et Bolesco déposent leur carte sur la table.

LA PRINCESSE, sans montrer U sienne.

Je suis avec mon mari.

Le prince et Bolesco prennent tous les deux le fauteuil qui est en tace d'elle. LE PRINCE.

Que faites-vous. Bolesco?

BOLESCO.

Je me place.

LE PRINCE

La princesse a dit : Je suis avec mon mari.

Eh bien? Oh! pardon, je m'y trompe toujours.

LE PRINCE

Je vous répète que ça m'est désagréable... très désagréable.

LA PRINCESSE

Vous vous arrêtez à des enfantillages.

DOMINOIS.

Combien la fiche?

BOLESCO.

Un louis.

DOMINOIS.

Je vous préviens que je suis très sérieux au whist, moi!

LE PRINCE

C'est le jeu des gens sérieux. .

Page 1