‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 273 sur 307 · SUZETTE · texte numérisé non relu

SUZETTE

Peut-être.

GENEVIÈVE, avec regret.

Et ce ne sera pas avec mon oncle Lucien

SUZANNE

Si, si, Geneviève. Lui ou personne !

GENEVIÈVE

Oti ! que je suis contente !

SUZANNE, la prenant dans ses bras.

Geneviève!... Mais n'oublie pas que tu dois être tout entière à ce monsieur qui fait ton portrait.

GENEVIÈVE

Oh ! oui !... (Revenant à Tristan.) Suis-je bien ainsi?

TRISTAN

Tournez-vous de ce côté... baissez la tête... relevez un peu vos cheveux... pliez le bras et regardez-moi bien.

GENEVIÈVE

Votre main tremble, vous ne pourrez jamais dessiner.

TRISTAN

Si, si, je dessinerai; alors ce sera un grand plaisir pour vous, si votre oncle Lucien se marie?

GENEVIÈVE, vivement.

Avec Suzette.

TRISTAN

Mais votre mère restera seule... avec vous?

GENEVIÈVE, prenant un air fin et à mi-voix.

Oh! pas toujours.

TRISTAN

Ah!

GENEVIÈVE

Vous trouvez que je remue trop?

TRISTAN, ave agitation.

Oh! non, non... maintenant je vous dessinerai sans vous voir. (sapprociMni d'elle et avec effort.) J'ai beaucoup connu mousicur votre père; j'ai été son meilleur ami.

GENEVIÈVE, si; penchant à son oreille et prenant un air lin.

Comment va-t-il ?

TRISTAN, la regardant avec stupeur

Quoi?

GENEVIÈVE

Puisque vous avez été l'ami de papa, vous savez bien que maman fait exprès de dire qu'elle est veuve. Papa est exilé, à cause de la politique, mais il reviendra.

TRISTAN

Qui vous a dit cela?

GENEVIÈVE

C'est maman. Elle ne me cache rien, maman. Nous nous aimons tant!

TRISTAN

Elle vous a dit que votre père...

GENEVIÈVE, ûnement.

Nous l'attendons.

TRISTAN

Ahl

ACTi; TROISIÈME 433

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