SUZETTE
Peut-être.
GENEVIÈVE, avec regret.
Et ce ne sera pas avec mon oncle Lucien
SUZANNE
Si, si, Geneviève. Lui ou personne !
GENEVIÈVE
Oti ! que je suis contente !
SUZANNE, la prenant dans ses bras.
Geneviève!... Mais n'oublie pas que tu dois être tout entière à ce monsieur qui fait ton portrait.
GENEVIÈVE
Oh ! oui !... (Revenant à Tristan.) Suis-je bien ainsi?
TRISTAN
Tournez-vous de ce côté... baissez la tête... relevez un peu vos cheveux... pliez le bras et regardez-moi bien.
GENEVIÈVE
Votre main tremble, vous ne pourrez jamais dessiner.
TRISTAN
Si, si, je dessinerai; alors ce sera un grand plaisir pour vous, si votre oncle Lucien se marie?
GENEVIÈVE, vivement.
Avec Suzette.
TRISTAN
Mais votre mère restera seule... avec vous?
GENEVIÈVE, prenant un air fin et à mi-voix.
Oh! pas toujours.
TRISTAN
Ah!
GENEVIÈVE
Vous trouvez que je remue trop?
TRISTAN, ave agitation.
Oh! non, non... maintenant je vous dessinerai sans vous voir. (sapprociMni d'elle et avec effort.) J'ai beaucoup connu mousicur votre père; j'ai été son meilleur ami.
GENEVIÈVE, si; penchant à son oreille et prenant un air lin.
Comment va-t-il ?
TRISTAN, la regardant avec stupeur
Quoi?
GENEVIÈVE
Puisque vous avez été l'ami de papa, vous savez bien que maman fait exprès de dire qu'elle est veuve. Papa est exilé, à cause de la politique, mais il reviendra.
TRISTAN
Qui vous a dit cela?
GENEVIÈVE
C'est maman. Elle ne me cache rien, maman. Nous nous aimons tant!
TRISTAN
Elle vous a dit que votre père...
GENEVIÈVE, ûnement.
Nous l'attendons.
TRISTAN
Ahl
ACTi; TROISIÈME 433