‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 286 sur 307 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, JEANNE.

JEANNE, entrant gaîmenl et allant à AndrO.

Me voici prête. Étes-vous content do ma toilette ?

4J4 L'ALOLKTTE

Très conlenl. Elle vous \a à mvir,

JEANNE

Bien vrai? (se regardant, i Oui, il me semble que ce n'esl pas trop mal.

ANDRÉ

Très joli, je vous assure.

Monsieur de Saint- Hicard. donnez -mui votre opinion sincère.

SAINT-HICARD.

Mon opinion sincère est que je suis émerveillé.

\ ous me dites cela sans regarder ma robe.

Je juge l'ensemble.

JEAN N E , souriant.

Olî ! lensemble 1 — (piu< bas, à mjd mari.) El vous, André, que dites-vous de Tensemble ?

ANDRÉ

.le dis que vous èle.s charmante.

JEANNE

Et vous le pensez ?

Certes, je le jjcnse.

s ci; m; uL ATllIK.MK 455

Savcz-vous ce que je voudrais? — (ins tcn.iremcni.) Vous rau'o oublier un instant, pas longtemps, que je suis volie teniine, el vous plaire encore.

ANDRE, très ému, malgré lui.

Vous ne remarquez pas que nous ne sommes pas seuls ?

JEANNE

Nous ne nous gênons pas avec M. de Sainl-Hicard.

SAINT-HICAKD.

Mais non, non certes. Ce sont des épanchements auxquels ,j"ai souvent assisté, comme notaire, ami de la famille.

JEANNE, souriante, ;i André.

Je peux bien dire devant M. de Saint-Hicard pourquoi je lenais à me l'aire très belle. 11 } a aujourd'hui six mois que nous sommes mariés.

ANDRÉ

Ah!

JEANNE

C'est un demi-anniversaire.

SAlNT-HlCARD, à luirl, Ires iiiiu.

Pauvre petite femme !

JEANNE

Et je m'attends à voir arriver la iiaionne de Lorinel d'un moment à l'autre.

ANDRÉ

Ma mère!

SAlNT-HlCARD.

Sa mère! — Aii ! cela n'empêchera rien.

JEANNE

Ma belle-mère est l'exactitude même : elle nous a dit qu'elle ne voulait pas prendre une heure à notre lune de miel, mais qu'elle ferait une simple apparition au sixième mois pour savoir où nous en étions, et voilà le sixième mois écoulé, (a André.) Il faut, n'ost-ce pas, qu'en arrivant elle nous voie très heureux tous les deux? C'est la plus grande

joie que nous puissions lui donner. (Donnant le bras a son mari.

— A saini-Hicarri.) Avez-vous counu uu ménage meilleur que le nôtre ?

SAIN T-HICARD.

Mon Dieu ! j'en ai connu d'aussi bons.

JEANNE, vivement.

Mais pas meilleurs! voilà ce qu'il faudra dire à notre mère. — L'avez-vous vue depuis longtemps ?

SAINT-HICARD.

Je n'ai pas vu la baronne de Lormel depuis seize ans.

JEANNE

Vous lu trouverez toujours aussi jeune, toujours un peu triste, mais toujours aussi aimable.

FANNÏ, entrant.

Voici une dépêche pour monsieur.

ANDRÉ, vivement en prenant la ilfpèclie.

Ah !

JEANNE, avec joie.

C'est elle qui nous annonce son arrivée.

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