SCÈNE V 8A1NT-HICAUL), JEANNE
.s A I N T-H IC A K D , à pari, en le regardant pailir, pendaiil i\uc Jeanne s'esl détournée pour cacher son émotion.
Pas de remède. Il n'y a pas de remède. Et me \oilà seul avec une femme charmante, qui est très contrariée et à laquelle je n'ai rien à dire. Il aurait bien dû m'emmener.
JEANNE, qui a essuyé Ses yeux en cachette et qui a repris son air souriant,
André est préoccupé depuis quelques jours.
SAlNT-llICAUD.
Les hommes passent leur vie à se préoccuper de choses inutiles.
JEANNE
Mais ça ne l'empêche pas de penser à sa femme.
SAINT-HICARD.
Au contraire, au contraire.
JEANNE
J'ai une amie de pension qui s'est mariée en même temps que moi. Elle ne cesse de me faire l'éloge de son mari, 11 est aux petits soins, il l'accable de cadeaux. Je Jie la rencontre pas sans qu'elle me dise : « Vois ce qu'il m'a encore
donné, et ceci et cela. » (Affectant de montrer le bracelet qu'elle a au
bras.) Moi, je suis plus modeste, je ne fais jamais parade de mes petites bonnes fortunes matrimoniales.
SAINT-HICARD.
Vous avez là un bien joli bracelet.
JEANNE
N'est-ce pas ? Et de bon goiit !
SCÈNK CIXQUIKME 459
SAINT- MIC A RD. A part.
Il lui fait des cadeaux, le traître 1
JEANNE, allant repienJre son bouquet.
Henriette s'imagine qu'elle est la seule femme aimée.
■ Ce bouquet est admirable.