‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 76 sur 307 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ADALBERT

« Baboue, couturier-tailleur. »

HÉLÈNE

Vérifie.

ADALBERT, tournant des feuillets sans nombre.

Qu'est-ce que c'est que cela !

HÉLÈNE

C'est ce que je dois.

ADALBERT

Hein! Cinq mille trois cents...

HÉLÈNE, avec un soupir.

Ce doit être exact.

ADALBERT

Quatre-vingt-douze vingt-sept. — Avec le reste...

HÉLÈNE

Huit mille francs, tout au plus. Mais comment expliquer à papa ce que vaut une robe ou un costume ! Il n'aurait jamais compris. Il estime ce chapeau douze francs cinquante. Alors...

ADALBERT, se levant.

Tu as fait des dettes ?

HÉLÈNE

Oui. Cela t'étonne?

ADALBERT

Mademoiselle !

HÉLÈNE

Tu avais des dettes aussi, toi, et tu t'en vantais!

ADALBERT

Ce n'est pas la même chose.

HÉLÈNE

C'est-à-dire que vous, monsieur, vous n'aviez pas d'excuses.

ADALBERT

Ah bah !

OÙ passe votre argent? je vous le demande. Vous avez de gros habits, de gros paletots, de gros gants, de grosses bottes. C'est laid, ce n'est pas cher, — ah ! pas cher, — ça ne s'use pas et ça ne change jamais. — Tandis que nous...

ADALDERT.

Elle est admirable.

HÉLÈNE

Je serai bien un peu embarrassée pour a^ouer à mon mari que je dois huit mille francs.

ADALBERT, liiint aux éct;ib-.

Elle doit à son tailleur.

HÉLÈNE

Cela va m'obliger à être aimable e| à Ironver joli tout ce qu'il dit. Je commence déjà.

ADALBERT, de mèmr.

Et tes créanciers, sont-ils de bonne composition ?

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