‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 2)Chapitre 84 sur 307 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PICAUD, allant à Pontorson.

Beau-père, je suis ravi.

On le serait à moins, monsieur.

Toutes lei jeunes filles s'apprêtent, au fond, arrangeant leurs toilettes, mellant leur^ voilettes, faisant bouffer leurs robes. Pontorson essaie d'aplatir le pouff d'Ui;li>ne.

HÉLÈNE, étonnée.

Que faites-vous, papa ?

PONTORSON

J'atténue ta jupe.

HÉLÈNE

Mais je n'aurai plus aucune tournure,

PIC.\UD, relevant le p ,u(T.

Nous n'aurions aucune tournure.

PONTORSON, à part.

Je comprends toutes les erreurs.

PICAUD. amenant Pontorson sur le devant de la scène.

Beau-père, votre fille est charmante. Elle entend déjà l'administration. — Je cherchais une famille calme, méthodique, vertueuse et pas romanesque. Je l'ai trouvée; nous nous comprendrons.

PONTORSON

Je l'espère. — Mais vous ne remontez pas du tout au règne de Philippe-Auguste.

PICAUD. naïvement.

Vous crovez?

i36 LK CHEF DR DIVISION

Vous m'avez montré un ai-bre généalogique...

PIGAUD,

Excellent ! qui me coûte très cher, un peu embrouillé, mais excellent. — Il n'a qu'un coude et une petite soudure.

PONTORSON

Une soudure!... mais avec des soudures, je me ferais fort tie remonter à Jupiter.

PICAUD

En passant par le cygne.

PONTORSON

Monsieur !

PIGAUD.

Monsieur, je suis de mon siècle, moi.

PONTORSON

Pas plus que moi, monsieur.

HÉLÈNE

Vois donc, Adalbert : ils vont se quereller

ADALBERT

Loulou, tu pourras payer tes dettes.

PONTORSON , à part.

Je n'aime pas mon gendre.

PIGAUD, à larl.

Je n'aime pas mon beau-père. (Revenant à uii.) Ne comptezvous pour rien ma situation? Si Dieu prête vie au ministre, je serai secrétaire général dans six mois. Son Excellence

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