ACTE PREMIER
LIONEL
C'est encore un secret.
Il s'en va ?
LIONEL
Oui, cher ami.
PICAUD, allerré.
Et il devait assister à mon mariage !
LIONEL
Il y assistera.
PICAUD
Ce n'est plus la même chose. — Il s'en va tout à fait?
LIONEL
Tout à fait.
PICAUD, posant le porlrait sur la table.
Sans espoir de retour?
LIONEL
U renonce à la vie publique.
PICAUD, à Ponlorson, qui revient par la droite *.
Sans rancune, beau-père. Remettez la chanoinesse.
PONTORSON
Non, non.
PICAUD
Comment, non !
* Lionel, Ponlorson, Picaud.
PONTORSOX .
Je n'avais pas bien regardé la clianoinesse. — Vous avie^ raison.
Elle est charmante.
PONTORSON
Elle est trop décolletée. — Remettez le ministre.
PICAUD
Jamais.
PONTORSON, à pari, en sortant à gauche.
Quel caractère !
PICAUD, à part
Quel caractère ! — Je rcaiettrai... le nouveau... oui, peut-êUe. (Revenant ù Lionel.) Sait-on qui Ic remplace?
LIONEL
On ne le ^tura que jeudi.
PICAUD
Mais, pour moi !
LIONEL, plus mystérieux encore.
Bourgueil.
PICAUD
Bourgueil !
LIONEL
Un homme parfait aussi.
PICAUD
Parfait!... dites supérieur !... Un homme d'État de pre-
micr ordre, — je dirai presque le premier de nos hommes d'État. — Car, — vous me connaissez, Beautiran, — mon aiïection pour ceux qui s'en vont ne me rend pas injuste pour ceux qui viennent, au contraire. Le connaissez- vous ?
LIONEL
l'.is du l(Ull.
PICAUD
Moi non jjIus. (cherchant.) Bourgucii ! l5ourg(icil 1
LIONEL
Mais je crois (pi'il m'honorera de sa confiance.
PICAUD
Où serait-elle mieux placée? — Je n"ai rien de caché pour vous, moi.
,)c le sais, cher ami.
ADALDERT, enlranl par la Jroito.
Mesdames, messieurs, on part.
II sort a gauche.
PICAUD, sans rien cnten'Ire.
J'ai fait une maladresse.
LIONEL
Ah hah !
PICAUD
J'ai envoyé à quelques journaux le compte rendu de la
cérémonie d'après-demain... Le voici. (ll montre une énorme pancarte.) Avec un tel éloge du ministre passé que cela aurait l'air d'une protestation.
LIONEL
Il iïiLil modifier.
PICAUD, faisant passer Lionel à la table à druile.
Chargez-vous-en, cher ami, le temps presse. Nous allons à la mairie. Asseyez -vous à cette table, vous serez seul.
LIONEL
Très bien ! très bien !
PICAUD, meltanl le port-'ail sous la table.
Soyez poli, mais froid, froid, quoique poli, (chercham.) lîourgucil 1 Bourgueil ! Hourgueil 1
Il soit à gauche.