SCÈNE VI
Nous subissons cela Srins nous décourager.
Il ne faut pas longtemps, allez, pour nous juger;
Ces messieurs ont bientôt résolu le problème.
SUZANNE
Qu'a dit votre avocat?
CLAIRE
J'en ai dormi moi-même.
SUZANNE, timidement.
Et l'autre?
CLAIRE
L'hypocrite ! à l'entendre, on l'eût pris Pour le plus convaincu, le meilleur des maris. Ah! comme j'ai souffert les yeux sur leur horloge!
SUZANNE, effrayée.
Ah! mon Dieu! qu'a-t-il fait?
CLAIRE
Il a fait mon éloge.
Une oraison funèbre en grands mots rebattus! Une longue épitaphe ! — ai-je tant de vertus ? Mais monsieur de Brion reste blanc comme neige. Il se tire si bien de son petit manège ! Il s'arrête au poteau que le code a planté. Avec un tact! on l'a presque complimenté.
SUZANNE
Nous tromper, nous trahir, n'est donc plus une offense?
CLAIRE
Cela dépend beaucoup de la jurisprudence.
SUZANNE
Mais j'ai des preuves, moi.
CLAIRE
Qui n'en a pas? chansons.
Ma chère, on nous trahit de diverses façons;
Celles dont je me plains sont justement les bonnes. Le tribunal produit de ces phrases bouffonnes.
SUZANNE
Je découvre un portrait de femme.
<:t,aire.
Ce n'est rien.
SUZANNE
Vous no comprenez pas?
CLAIRE
Oh! si, je comprends bien.
SUZANNE
Mais c'est une maîtresse.
Eh! oui, pas davantage.
SUZANNE
Vous voulez que je souffre un si cruel outrage?
CLAIRE
IS'en parlez même pas.
SUZANNE
N'en point parler!... Alors, Vous vous soumettriez?
Klle va s'asseoir au guériilon.
CLAIRE
Puisqu'ils sont les plus forts.
Quelle honte ! 11 faudra dévorer mon déboire, Et monsieui' de Brion, tout fier de sa victoire, Va venir m'apporter un pardon généreux, .le suis lieux fois sa femme, à présent. C'est affreux!
SUZANNE
Alfreux! s'ils nous aimaient, ce serait si- facile!
CLAIllE.
Et rien ne nuit aiilaiit fpi'une l'uieule inutile.