ACTE PREMIER
vit, on y mange, on y dort. Est-il vrai que vous avez imaginé des logements pour les membres dont les femmes sont à la campagne ?
ABEL
Oui, madame.
AGATHE
Des logements platoniques.
ABEL
Je vous assure, madame, que vous seriez étonnée de voir comme tout se passe dans un cercle, simplement, bourgeoisement, innocemment.
AGATHE
Alors, pourquoi ne nous permettez-vous pas d'y entrer?
ABEL
Vous y entrerez demain.
Vous prêtez vos salons pour une bonne œuvre, ce n'est pas la même chose. Je voudrais voir votre club, pendant qu'il est club.
ABEL
Le règlement s'y oppose.
AGATHE
Et si j'y entrais malgré le règlement?
ABEL
Les femmes n'entrent pas.
AGATHE
Elles n'entrent nulle part, — les femmes honnêtes, mais les cocottes!...
ABEL
Les cocottes encore moins.
AGATHE
J'en ai vu dans vos escaliers.
ABEL
C'est quelles monlaieni aux étages supérieurs.
AGATHE
Aux logements à double fond.
ABEL
Je vois, madame, qu"il faut battre en retraite.
Je vous le conseille, (a Fcmand.) Quand vous écrirez à Jeanne, félicitez-la d'avoir échappé par son absence à l'honneur d'être dame patronnesse avec madame de Morannes.
PIBKAC, s'aviiiiçanl.
Je vais vous accompagner jusqu'à votre porte.
AGATHE, prenant le bras de Fcrnand.
Merci. Je n'ai besoin de personne. Je ne suis pas dans une situation difTicile, moi. Ueprenez votre conciliabule. A demain, messieurs; je vends des pantins.
ABEL
Combien, madame?
AGATHE
Vingt francs pièce.
ABEL
C'est pour rien.
AGATHE
N'est-ce pas? Je vous en mettrai une douzaine de côté.
ABEL
Vous me comblez.
i;ik' sort accompagnée de Femand.