‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 3)Chapitre 147 sur 308 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

vit, on y mange, on y dort. Est-il vrai que vous avez imaginé des logements pour les membres dont les femmes sont à la campagne ?

ABEL

Oui, madame.

AGATHE

Des logements platoniques.

ABEL

Je vous assure, madame, que vous seriez étonnée de voir comme tout se passe dans un cercle, simplement, bourgeoisement, innocemment.

AGATHE

Alors, pourquoi ne nous permettez-vous pas d'y entrer?

ABEL

Vous y entrerez demain.

Vous prêtez vos salons pour une bonne œuvre, ce n'est pas la même chose. Je voudrais voir votre club, pendant qu'il est club.

ABEL

Le règlement s'y oppose.

AGATHE

Et si j'y entrais malgré le règlement?

ABEL

Les femmes n'entrent pas.

AGATHE

Elles n'entrent nulle part, — les femmes honnêtes, mais les cocottes!...

ABEL

Les cocottes encore moins.

AGATHE

J'en ai vu dans vos escaliers.

ABEL

C'est quelles monlaieni aux étages supérieurs.

AGATHE

Aux logements à double fond.

ABEL

Je vois, madame, qu"il faut battre en retraite.

Je vous le conseille, (a Fcmand.) Quand vous écrirez à Jeanne, félicitez-la d'avoir échappé par son absence à l'honneur d'être dame patronnesse avec madame de Morannes.

PIBKAC, s'aviiiiçanl.

Je vais vous accompagner jusqu'à votre porte.

AGATHE, prenant le bras de Fcrnand.

Merci. Je n'ai besoin de personne. Je ne suis pas dans une situation difTicile, moi. Ueprenez votre conciliabule. A demain, messieurs; je vends des pantins.

ABEL

Combien, madame?

AGATHE

Vingt francs pièce.

ABEL

C'est pour rien.

AGATHE

N'est-ce pas? Je vous en mettrai une douzaine de côté.

ABEL

Vous me comblez.

i;ik' sort accompagnée de Femand.

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