ACTE PREMIER
personne ; on me mentirait. J'attends les journaux de demain, pour connaître les témoins de M. de Savenay. J'en ai la fièvre.
Joseph est entré et paraît chercher sur ia table. JEANNE.
Chut! Que voulez-vous, Joseph?
JOSEPH
M. le comte m'a prié de prendre un procès-verbal,
JEANNE
Quel procès- verbal ?
JOSEPH
Je ne sais pas, madame, je crois qu'il s'agissait d'un duel...
AGATHE
D'un duel !
JOSEPH
Qui est arrangé.
AGATHE
C'est le nôtre, cherchons.
JEANNE, (lui a été viTement à la table, soulevant un buvaril.
Le voici.
AGATHE
Les témoins de Savenay ? (unes cherchent ensemble sur la feuille les noms des témoins.) Tlu'ophile dC PibraC.
JEANNE
Comte de Mauves (a josepu.) C'est bien là ce que vous cherchez.
Joseph prend le procès-verbal et sort.
AGATHE, avec éclat.
C'était M, de l'ibrac !
JEANNE, tr, s émue, mais se contennnt.
Calme-toi, Agathe, je t'en supplie.
AGATHE
Tu veux que je me calme quand je reçois sans préparation une pareille nouvelle, quand j'apprends que mon mari...
JEANNE
Ce n'est pas ton mari.
Ce serait donc le tien ? Tu reconnais qu'il est excellent, tu avoues qu'il n'a pas changé, tandis que moi, je me plaignais d'instinct.
JEANxNE.
Tu as mal compris, ])eut-L'tre, des propos en l'air.
AGATHE
Un homme de notre monde! marié avec une femme charmante! Est-ce assez clair? Et qui a perdu hier au club! M. de Pibrac a passé sa soirée au club. Et l'embarras de la duchesse! Mais tu le sais bien, puisque tu es aussi émue que moi.
JEANNE, sons l'éroutrr.
Non, non, si cela était, il ne m'aurait pas dit de la recevoir; il n'aurait pas permis que celte femme, que sa maîtresse...
AGATHE, Si; mfiircnnnt.
Mît les pieds dans un cercle où je suis invitée!... Ah! ma pauvre Jeanne, tu ne connais pas l'empire de ces femmes sur nos maris; vois les crimes qui se commettent, vois-les tous.
JEANNE
Je te dis que je ne puis pas le croire, que je ne veux pas le croire, que je ne le crois pas.
Ht moi, j'en suis sùr(\
JOSEPH , cntiaiil.
Madame la baronne de Morannes...