SCÈNE VIII
MAR.IAVEL, JOBELIN, HERMANGE, puis ERNEST.
Marjavel parait au bras do Jobflin.
HERMANGE, à part.
Il était temps !
Elle va au petit meuble de droite et semble clierclier ((uelquo chose. JORELIN, entrant avec la bouteille.
Elle a été apportée, en 1789, par un cousin de Lafaycttc, dont le neveu la légua au grand-père de mon oncle... il n'y en a qu'une au monde...
MARJAVEL.
Ah ! ce bon Jobelin ! Voilà un ami ! (passant à sa femme.) Ernest n'est pas arrivé ?
HERMANCE
Je ne l'ai pas vu.
JOBELIN
J'ai laissé Bcrthe, ma nièce, avec sa femme de chambre en train d'achever un petit ouvrage pour la Saint-Alphonse... elle va venir.
Ah ! cette chère Berthe... elle a aussi pensé à moi... Mais qu'est-ce que fait Ernest?... Sans être exigeant, il me semble qu'un jour comme celui-ci...
PETUNIA, annonçant.
Monsieur Ernest !
Ernesl entre avec son bouquet et sa bouteille. ERNEST, saluant Ileruiance cérémonieusement.
Madame... Mon cher Marjavel...
Il lui présente sou bouquet.
MARJAVEL, sévèrement.
Monsieur Ernest, j'aurais préféré moins de fleurs et un peu plus d'empressement...
ERNEST
Excusez-moi... j'ai fait une longue course ce matin pour vous apporter...
MARJAVEL.
Quoi?
ERNEST, présentant sa bouteille.
Celte bouteille de rhum de 1789... il n'y en a qu'une au monde.
JOBELIN, à part.
Mais je la reconnais.
ERNEST
Elle a été rapportée par un cousin de Lafayette.
Alors, il en a rapporté deux.
Il montre la bouteille donnée par Jobelin, prend celle d'Ernest ainsi i|ue le bouquet, et va les déposer à gauche sur la console.