SCENE PREMIERE AUBEROCHE, GERVASSON, WILFRID
AUBEROCHE, venant du foii.l.
Un cigare ! Valet de pied, du feu.
GERVASSON, courant à lui.
Auberoche ! J'ai dit à papa que j'avais gagné hier au baccara, pour qu'il me ronde sa considération... Ne me trahis pas.
AUBEROCHE
Sois tranquille, Gervasson fils, mais ne me touche pas de la main gauche, ça porte malheur.
ni. 14
GEllVASSON.
Tiens, je ne savais pas.
AUBEROCHE
Il ne sait rien, ce garçon-là.
GEKVASSON.
Je me méfierai, — As-tu tliné au club?
AUBEROCHE
Oui, mais je me suis levé avant la fin. On a causé musique tout le temps.
GER VASSON.
Ah! mon pauvre chien!... Est-ce que papa y était?
AUBEROCHE
Il y est encore.
GERVASSON.
Je croyais qu'il m'avait contié une bourde.
AUBEROCHE
Alors, tu espionnes papa?
Il m'espionne bien, lui! — A-t-on dit des bêtises, ce soir?
AUBEROCHE
Sans le faire exprès. Nous avions le baron de Morannes; ra jetait un froid, à cause de son aventure d'aujourd'hui.
GERVASSON.
Il n'a ])as voulu se battre pour sa femme! Moi, je trouve ça très chic.
AUBEROCHE
Mais c'est la jolie baronne qui ne doit pas être contente!
G ERVASSON.
Je t'écoutc! On prétend qu'elle quittera Paris demain.