ACTE DEUXIÈME
ABEL
Oui. (Le marquis se montre à la porte.) TieilS, le VOici ! Lo lïiar-
quis de Lubersac!
AUBEROCHE
Le marquis !
TOUS
Le marquis !
LE MARQUIS
Je vois qu'on me reconnaît.
ABEL
Je crois bien qu'on vous reconnaît!
LE MARQUIS
Je n'ai pu résister au désir de venir prendre langue un instant dans mon vieux club. J'ai laissé ma fille au bal avec son mari.
ABEL, à part.
Voilà une petite femme bien gardée.
LE BARON, qui joue au whist avec le docteur et Gcivasson.
Comment, marquis, vous êtes à Paris?
Je viens surveiller mon gendre. Un de mes amis m'a écrit : « Romuuld, viens surveiller ton gendre. » Et j'accours. Je viens le surveiller.
ABEL, à part.
Dans trois jours il lui rendra des points.
LE MARQUIS
Eh ! c'est le docteur. Bonjour, docteur. Vous soignez toujours vos malades entre deux whists?
LE DOCTEUR
C'est-à-dire, marquis, que je joue au whist entre deux malades.
LE lîARON el GERVASSON,
Comment, entre deux malades?
LE DOCTEUR
Mais ce n'est pas pour vous ; le marquis me comprend.
LA GRÉZETTE, qui vient d'enlror.
Le marquis, ce cher mar([uis !
LE MARQUIS
La Grézette !
LA GRÉZETTE.
Vous allez me donner un conseil.
LE MARQUIS
Volontiers.
Nous avons demain une vente de charité, et il s'élève quelques scrupules au sujet d'une de nos dames patronnesscs, charmante d'ailleurs, qui a un peu lait parler d'elle. Je ne la nommerai pas.
LE MARQUIS
La baronne de Morannes.
LA GRÉZETTE, cnlraiiiant le marquis à gauclie.
Vous le savez ?
LE MARQUIS
Je m'en doute et je comprends les scrupules.
LA GRÉZETTE.
Mais elle a été présentée par un des membre les plus influents du club.
LE MARQUIS
Son amant ?
LA GRÉZETTE.
Je n'aurais pas dit le mot. Le comte de... (ai.vI ranii.. Le comte de... (Même jeu d'Abei.) Quoi ?