ACTE TROISIÈME
Et j'en étais très orgueilleux, madame.
AGATHE
Vous n'avez pas eu la main heureuse.
LE MARQUIS
Comment, madame, est-ce que Pibrac?...
AGATHE
Tout ce que vous pouvez vous imaginer de plus horrible.
LE MARQUIS
Bah !
LE doi:teur.
Oh ! madame !
AGATHE
Ne le défendez pas, je sais tout. M. de Pibrac est l'adorateur actuel de madame de Morannes.
LE MARQUIS
Pibrac !
LE DOCTEUR
Pibrac ! mais, madame, c'est une erreur.
AGATHE
Naturellement. Alors, nommez l'heureux du jour. — Ce n'est pas son mari, n'est-ce pas?
LE DOCTEUR
Non, madame. C'est... (a pan.) Oh! le beau-père! (Haut.) .le ne sais pas, moi.
AGATHE
Vous voyez bien ; et M., de Pibrac a avoué.
LE DOCTEUR
11 a avoué !
AGATHE
En ne ivpondanl rien, quand je l'ai Ibudroyé de mon silence.
LE DOCTEUR
Alors...
AGATHE
Mais soyez tranquille, — je me vengerai.
LE .MARQUIS, 5 part.
Un heureux coquin, ce Pibrac ! (naut.) .le vais surveiller mon gendre.
11 s'éloigne.
LE DOCTEUR
Quel joli mentor !
ABEL , revenant.
Eh bien, madame, vous voilà dans ce club que vous désiriez tant voir?
AGATHE
.Je m'étais déjà donné un avant-goût, hier, dans vos antichambres, et j'ai eu un échantillon de la langue qu'on y parle en lamille.
ABEL, à part.
Ma jolie poulette!
Un domestique entre avec une grande caisse. AGATHE, au valet.
C'est pour moi.
liUc va à sa boutique.
LE VALET
On fait dire à madame qu'on n'a pu livrer fjoe la moitié des objets.
AGATHE
Comment, la moitié? Mais je veux tout. 11 me faut tout. La moitié ! Qui vous a dit cela?
LE VALET
Un monsieur blond et pâle, que je suppose un commis. 11 est là...