ACTE TROISIEME
verez un défenseur. Je ne prendrai pas la place de l'homme jeune et charmant qui sera assez béni du ciel pour vous mériter. Songez qu'une belle jeune fille comme vous n'a qu'à ouvrir ses deux petites mains pour donner tout ce ju'on peut rêver de bonheur en ce monde... Et pensez à celui, dont vous n'osez pas prononcer le nom sans rougir, que vous ne pouvez pas regarder sans que votre cœur batte, celui que vous aimez, sans le savoir peut-être, et que vous auriez perdu pour toujours. Voyez quels regrets et quels remords !
Les deux jeunes filles, très émues toutes deux, pleurent en silence. Embelline pleure aussi. Brichanteau, très ému lui-même ne s'en aperçoit pas.
EMBELLINE, se rapprochant.
Mademoiselle pleure !
BRICHANTEAU
Comment?
EMBELLINE.
Et l'autre demoiselle pleure aussi !
BRICHANTEAU, stupéfait.
Geneviève !
EMBELLINE.
Et moi, je suis tout émotionnée.
BRICHANTEAU
Mais je n'ai rien dit que de très simple. Qu'avez-vous, mademoiselle ?
LÉONIDE
Rien ! rien ! monsieur. Permettez-moi d'aller retrouver ma mère.
EMBELLINE .
C'est égal, c'est un brave homme.
Elles sortent.
BRICHANTEAU, la regardant sortir, puis allant à Geneviève»
Qu'avez-vous, Geneviève ?
Vos bonnes paroles m'ont émue malgré moi, vous avez été si doux et si tendre pour cette jeune fille !
BRICHANTEAU
Et vous avez pleuré, et vous pleurez encore !
GENEVIÈVE
Je vous supplie de me le pardonner.
BRICHANTEAU
Votre situation n'est pas celle de mademoiselle Pontaubert.
GENEVIÈVE
Oh! non... non... Je sais bien... mais c'est tout différent
BRICHANTEAU
Vous épousez un jeune homme que toutes les femmes vous envieraient.
GENEVIÈVE, avec des larmes.
Aussi, je suis bien heureuse.
G ONT R AN, entrant.
Une lettre très urgente pour monsieur.
BRICHANTEAU, qui l'a prise vivement.
De Frédéric !
GENEVIÈVE, à part.
Ah!
Elle le suit des yeux, Brichanteau lit la lettre bas, puis la froisse avec colère. GENEVIEVE, s'approchant anxieuse.
Il refuse 9