C L A II A
Vous êtes galant !
Je voudrais l'être, mais je suis un peu essoufflé!
CLARA
Remettez- vous... Je ne vois pas le tort que je fais à la société, en lui chantant des couplets qui la font rire.
CÉLESTIN
On devrait vous bénir, au contraire !
CLARA
N'est-ce pas?
CÉLESTIN
J'ai des amis qui vous ont entendue chanter le Moustique.
CLARA
Eh bien ! le Moustique, qu'a-t-il d'extraordinaire?
CÉLESTIN
Il paraît que le troisième couplet...
CLARA
Précisément... Rien n'est plus candide !
Elle chante et relève sa jupe.
C'est là, c'est là, Que je sens un moustique.
CÉLESTIN, transporté.
C'est délirant !
Et remarquez que je rougis, ce qui est le signe reconnu de la pudeur.
212 CLARA SOLKIL
CELESTIN.
Ah ! oui... C'est cette pudeur... particulière qui me bouleverse, moi, en ce moment !
CLARA, minaudant.
Vous êtes trop enthousiaste.
CÉLESTIN
Jamais trop!... Vous êtes adorable!
CLARA, avec coquetterie.
Sur les planches, peut-être. Je vous assure que, rentrée chez moi, je suis une femme comme les autres.
CÉLESTIN
Oh ! non ! non ! pas comme les autres !
CLARA
J'ai peut-être un mérite de plus : je résiste aux déclarations !
CÉLESTIN
Mais quand elles sont sincère- .'
CLARA
Elles ne le sont jamais!
Oh! si!
Il lui jrend les mains.
CLARA
Eh bien ?
Elle se 1ère.
CÉLESTIN, il s'arrête, interdit.
J'ai peut-être été trop loin.
CLARA , i part.
Il parait que madame Bavolet n'a pas converti son mari; elle a eu tort.