SCÈNE PREMIÈRE LÉONIDAS, puis MIETTE
L É 0 N I T> A S , en costume de chef.
Ce sera le roman de ma vie.
MIETTE
Ah ! monsieur... Le tourne-dos Rossini est brûlé !
LÉONIDAS
C'est le troisième ! Va dire à mon premier sous-chef que je lui délègue mes pouvoirs jusqu'à demain. Je ne peux plus respirer devant mes fourneaux; j'y manque d'air.
MIETTE, à part.
Il est drôle, le patron, depuis qu'il est revenu de Montélimar.
LÉONIDAS
Va vite, Miette, et reviens.
MIETTE
Oui, patron, (a part.) Ça lui a pris hier en descendant du train.
Elle sort.
LÉON1DAS
A la voir seule, avec une canne dans ses bagages, je la prenais pour une de ces femmes légères, que je ne reçois pas dans mon hôtel: et alors je l'ai embrassée... C'était une femme du monde! adorable! La reverrai-je un jour?... Ah! oui!
MIETTE, revenant.
Me voici, patron.
LÉONIDAS
Le nouveau cercle de Nice donne un concert ce soir. J'aurai beaucoup de monde. Tu serviras comme femme de chambre.
MIETTE
Mais, patron, je n'ai pas la toilette.
LÉONIDAS
Tu resteras en paysanne... Tout ce qui se fait dans un hôtel chic, paraît chic aux voyageurs.
MIETTE, regardanl au dehors.
Voici madame Ragonaud, l'habilleuse du théâtre. Elle m"a fait entrer une fois dans les coulisses. (Entre madame Ragonaud.) Bonjour, madame Ragonaud.