SCÈNE XVIII SAINT LUBIN, CÉLESTIN, CLARA, MIETTE
SAINT LUBIN
Eh bien! cela va-t-il mieux?
CLARA , soutenant Célestin.
Ali! oui! Ah! oui! Beaucoup mieux!
CÉLESTIN
Pas encore !
SAINT LUBIN
Où est donc Léonidas?
Il entre à l'office.
CLARA, gaiement.
Il me semble que, maintenant, vous pourriez revenir à la santé...
CÉLESTIN
Quand il sera tout à fait parti... Ce malaise subit m'a sauvé. L'idée ne m'en serait pas venue.
CLARA
Je vous l'ai soufflée... charitablement. Vous aviez l'air si désolé de me présenter à madame de Saint Lubin.
CÉLESTIN
Comprenez ma situation...
Ne l'exagérez pas. Quand vous passeriez pour mon mari pendant deux jours...
Avec monsieur votre oncle qui ne me connaît pas et que je ne reverrai plus, je m'y ferais; mais avec M. de Saint Lubin, un ami de ma tante, qui parle encore de nous inviter à diner... Non, je vais m'en fermer dans ma chambre.
CLARA
Et je vous soignerai... bruyamment... d'ici... Car le têteà-tête n'est plus ce qui vous tente.
CÉLESTIN
Oh! si, oh! si!... Vous ne m'avez encore rien accordé.
CLARA
Heureusement ! Si vous aviez des remords, que serait-ce?
SAINT LUBIN, à Miette.
Je ne peux pas découvrir Léonidas. Je lui avais commandé du tilleul avec de la fleur d'oranger.
Ob', non! Cette tisane l'affaiblirait encore! Je connais une potion merveilleuse, mais il faut que je la confectionne moi-même, (a Miette.) Voulez-vous, mademoiselle, m'apporter un réchaud à esprit-de-vin, de l'eau, du sucre, du kirsch et deux citrons, pour prendre le zeste... Ça lui donnera du ton.
MIETTE
Bien, madame!
CÉLESTIN, très abattu.
Je voudrais seulement un peu de calme et de repos.