SCÈNE PREMIÈRE SAINT LUBIN, MADAME RAGONAUD
»I. de Saint Lubin entre doucement, va prendre un des bouquets, change le billet qui s'y trouvait caché et le remplace par un autre,
SAINT LUBIN
J'avais oublié qu'elle est blonde. (lisant ie billet.) « Que tes beaux cheveux noirs... » — blonds! C'est la Carolinaqui était brune... — « Que tes beaux cheveux blonds seraient doux à mes lèvres!... »
MADAME RAGONAUD, entrant, très ému.'.
Ah! mon cher monsieur de Saint Lubin!...
SAINT LUBIN
Qu'avez-vous, ma bonne madame Ragonaud?
MADAME RAGONAUD.
Figurez-vous que votre étoile ne voulait pas chanter.
SAINT LUBIN
Oh! mon Dieu!
MADAME RAGONAUD.
Elle a pris peur tout à coup...
De quoi?
MADAME RAGONAUD.
Du public de la province. J'ai vu souvent de ces effets-là dans ma carrière.
S A I N T LUBIN
Madame Ragonaud, vous me tuez!
MADAME RAGONAUD.
Rassurez -vous, mon bon monsieur de Saint- Lubin ; c'est arrangé !
SAINT LUBIN
Ah ! et comment?
MADAME RAGONAUD.
Je n'en sais rien. Elle était assise à la fenêtre, elle regardait le ciel... Tout à coup : « Habillez-moi. madame... » et v'ian! v'ian! les cheveux au vent, la robe à la diable! J'ai eu un mal... Mais j'aime ces natures-là, moi!
SAINT LUBIN
Et moi donc!... dans la limite des convenances!
MADAME RAGONAUD.
Cette femme-là a des peines de cœur!
SAINT LUBIN
Vous croyez?
MADAME RAGONAUD.
J'ai l'expérience de ces choses-là, mon bon monsieur de
OSCAR, paraissant à la porte.
Mademoiselle Clara Soleil?