‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 203 sur 324 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

LÉONIE

Et vous arrivez avec un bouquet !

Il y a tant de fleurs à Nice !

LÉONIE

Et c'est comme notaire que vous l'embrassiez sur l'épaule?

DUPLANTAIN.

Ce sont des habitudes patriarcales !

EVELYNE.

Usitées chez ces petites dames. Je suis très flattée, mon cher Duplantain. Et vous m'apportiez des fleurs...

DUPLANTAIN.

Madame...

EVELYNE.

Donnez, donnez les attributs du parfait notaire. Nous savons le secret des dames qui vous charment ! Elles inscrivent sur leur bonnet: « Je permets qu'on m'aime... » Ça suffit !

LÉONIE

Eh bien ! nous aussi, monsieur, nous voulons être de celles qu'on aime !

DUPLANTAIN.

Léonie, je n'aime que toi !

EVELYNE.

Comme monsieur Ba volet!

LÉONIE

Tout est fini entre nous, je n'ai plus de mari ! Nous sommes deux veuves !

DUPLANTAIN.

Je ne suis pas mort.

LÉONIE

Et nous porterons votre deuil en rose !

EVELYNE.

En rose.

LÉONIE, à Duplantain, avec ironie.

Gommeux!... (a Evelyne). Je vais achever ta toilette!

DUPLANTAIN, à part.

En rose... Elles sont menaçantes ! Pourquoi madame Bavolet est-elle dans cette loge, et pourquoi Léonie s'est-elle déguisée en femme de chambre? 11 y a là un mystère !... Voudrait-elle déjà se venger du tunnel !

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