‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 257 sur 324 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LE MARQUIS

On ne prendra jamais ce lourdaud pour mon fils.

Vous vous y tromperez vous-même.

LE MARQUIS

Sa roture a trois épaisseurs, Et plus je le considère...

MI TON, l'interrompant.

Attendez les fournisseurs.

Comte Benoit, — embrassez votre père.

BENOIT, stupéfait.

Hein? quoi? comment? suis-je fou?

MI TON

Veuillez lui sauter au cou.

Benoit embrasse le marquis.

Et madame ?

Il embrasse la marquise.

LA MARQUISE

Je meurs de houle!

MITON

Monseigneur, vous êtes comte.

LE MARQUIS, avec douleur. Et noble à douze quartiers.

BENOIT

y y consens très volontiers.

A part.

Ah! faut-il, sort propice!

Croire à tant de bonheur?

Je rêvais d'être suisse, On me fait grand seigneur.

LE MARQUIS et LA MARQUISE, à Miton.

Croyez-vous que l'on puisse, Avec un professeur Et beaucoup d'exercice, Devenir grand seigneur?

BENOIT, après une pause.

Devient-on noble de la sorte ?

Je crois que non ; eh bien, qu'importe!

Au marquis, qui n'a cessé de l'examiner d'un air découragé, pendant que Miton l'étudié en connaisseur.

C'est un fait acquis,

Monsieur le marquis,

Vous êtes mon père.

J'ignore comment ;

Mais je l'admets facilement.

Et je vous vénère.

Oui, je suis marquis, Un titre conquis Sous le roi Lothaire !

Mais en ce moment, Mes aïeux disent tristement :

Gomme on dégénère !

11 n'aura jamais l'air lier, La grâce, l'élégance,

Et le grand air Que donne la naissance.

MITON, au marquis.

Attendez les fournisseurs,

Les bottiers, les coiffeurs, Les brodeurs et les tailleurs.

Les fournisseurs arrivent, présentant des habits, des chapeaux, des épées, des plumes dos rubans, des souliers superbes el les étoiles de toutes couleurs.

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