‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 275 sur 324 · SCÈNE XII BENOIT, JAVOTTE · texte numérisé non relu

SCÈNE XII BENOIT, JAVOTTE

JAVOTTE

Je ne veux pas troubler votre noble famille.

BENOIT

Je te trouve encore gentille.

JAVOTTE

Ah ! vous êtes bien bon !

Je le serai toujours, Un blason ne doit pas effrayer les amours. Si je suis grand seigneur, que veux-tu que j'y fasse! La vie a ses hasards, c'est toujours pile ou face.

Je suis noble à douze quartiers.

Mais je t'aimerais volontiers.

JAVOTTE, railleuse.

Quelle indulgence !

Votre importance

Daigne parler De votre amour immense;

Mais sans défense,

Mon innocence

Va chanceler; Mon cœur vers vous s'élance

Votre habit mordoré, Votre perruque blonde, Votre air évaporé Yous vont le mieux du monde.

Mais... mais..., monsieur Benoît Pendant qu'on s'émerveille, On voit passer, on voit Le bout de votre oreille, Monsieur Benoît !

Des choses passées Je n'ai nul souci ; Toutes mes pensées Ne sont plus qu'ici.

Cette lèvre fraîche, Ce regard voTé, Et ce teint de pêche M'ont ensorcelé.

Sermon frivole, Et qui s'envole!

Tombez d'abord Aux pieds de votre idole.

Ah ! je m'affole !

Votre parole .Aie I rouble fort.

Mon cœur, mon cœur s'immole.

Votre épée au côté, Votre aimable faconde, Votre folle gaieté Vous vont le mieux du monde.

Changeanl de ton.

Ali! ah! monsieur Benoît, Fendant qu'on s'émerveille, On voit passer, on voit Le bout de votre oreille.

Monsieur Benoît !

BENOIT, voulant lui prendra la laill

Laisse- toi subjuguer.

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