ACTE TROISIÈME
Puisqu'à présent tout nous sépare, Pourquoi me retenir ici?
Votre amour me trouble et m'égare, Pourquoi me parlez-vous ainsi?
Hélas! Benoit. Benoît que j'aime Ne peut plus me garder sa foi.
J'ai renoncé, comme vous-même, A ce passé si doux pour moi.
Vous êtes le fils de mon maître.
BENOIT
Mais c'est à moi que ton cœur s'est donné.
Je vous aimais sans vous connaître.
BENOIT
Je te l'ai déjà pardonné.
Oublions mes grandeurs.
Non.
BENOIT
Tu les exagères.
JAVOTTE
Adieu !
BENOIT
Tu me fais trop d'honneur.
JAVOTTE
Mais aujourd'hui, vous êtes grand seigneur.
BENOIT
N'a-t-on pas vu des rois épouser des bergères ?
vi. 27.
JAVOTTE
Je veux partir.
BENOIT
Laissons les respects superflus.
JAVOTTE
Ayez pitié de moi, monsieur le comte.
Mais tu me tutoyais jadis.
JAVOTTG.
J'en meurs de honte.
BENOIT
Regarde-moi.
JAVOTTE
Je n'ose plus.
BENOIT
Javotte était moins sauvage.
JAVOTTE
Ne parlons plus de ce teinps-là; Je retourne au village.
BENOIT, tendrement, pendant que l'orchestre joue le refrain de la chanson de Jacquot.
Le bonheur n'est venu que pour moi, mais cela Se partage.
JAVOTTE
Benoit, que dites-vous?
BENOIT
Je mets mon titre à tes genoux ; Jusqu'à moi je t'élève.
JAVOTTE
Suis-je folle? — Est-ce un rêve?