‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 311 sur 324 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Puisqu'à présent tout nous sépare, Pourquoi me retenir ici?

Votre amour me trouble et m'égare, Pourquoi me parlez-vous ainsi?

Hélas! Benoit. Benoît que j'aime Ne peut plus me garder sa foi.

J'ai renoncé, comme vous-même, A ce passé si doux pour moi.

Vous êtes le fils de mon maître.

BENOIT

Mais c'est à moi que ton cœur s'est donné.

Je vous aimais sans vous connaître.

BENOIT

Je te l'ai déjà pardonné.

Oublions mes grandeurs.

Non.

BENOIT

Tu les exagères.

JAVOTTE

Adieu !

BENOIT

Tu me fais trop d'honneur.

JAVOTTE

Mais aujourd'hui, vous êtes grand seigneur.

BENOIT

N'a-t-on pas vu des rois épouser des bergères ?

vi. 27.

JAVOTTE

Je veux partir.

BENOIT

Laissons les respects superflus.

JAVOTTE

Ayez pitié de moi, monsieur le comte.

Mais tu me tutoyais jadis.

JAVOTTG.

J'en meurs de honte.

BENOIT

Regarde-moi.

JAVOTTE

Je n'ose plus.

BENOIT

Javotte était moins sauvage.

JAVOTTE

Ne parlons plus de ce teinps-là; Je retourne au village.

BENOIT, tendrement, pendant que l'orchestre joue le refrain de la chanson de Jacquot.

Le bonheur n'est venu que pour moi, mais cela Se partage.

JAVOTTE

Benoit, que dites-vous?

BENOIT

Je mets mon titre à tes genoux ; Jusqu'à moi je t'élève.

JAVOTTE

Suis-je folle? — Est-ce un rêve?

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