ACTE PREMIER
nous ferez l'amitié de venir passer quelques semaines avec nous.
BRICHANTEAU
A Montauban?
MADAME PONTAUBERT.
Nous avons en ce moment le concours région
FRÉDÉRIC, gaiement.
Insistez, madame.
BRICHANTEAU
Hein!
FRÉDÉRIC
Ce petit voyage serait excellent pour Brichantsau.
MADAME PONTAUBERT, ravie.
N'est-ce pas, monsieur?
BRICHANTEAU
Mais, madame, je n'ai jamais quitté Paris.
Raison de plus !
FRÉDÉRIC
Certainement, madame, je ne vivrais pas, moi, si je ne m'échappais de temps à autre.
MADAME PONTAUBERT.
Et cependant, monsieur est sans doute un vrai Parisien comme vous?
BRICHANTEAU
Non, madame, non ! C'est un Parisien de Monaco, — l'espèce abonde!
Pontaubert fait en cachette des signes à sa femme.
52 LTN PARISIEN
MADAME PONTAUBERT.
M. Pontaubert me trouve indiscrète, mais il est des personnes dont on voudrait tout de suite conquérir l'intimité. Je ne parle plus seulement de l'homme d'esprit (avec émotion), mais de l'homme de cœur. Nous connaissons un trait de vous... cette jeune orpheline que vous avez recueillie. Nous en avons été émus jusqu'aux larmes.
Elle s'essuie les yeux.
BRICHANTEAU, contrarié.
Madame, je vous en prie !
MADAME PONTAUBERT.
Ne voudriez-vous pas nous présenter mademoiselle Gène viève?
BRICHANTEAU, embarrassé.
Si, madame.
Il Ta à la porte du fumoir.
MADAME PONTAUBERT.
Nous serions si heureux de pouvoir nous associer à votre bonne œuvre !
PONTAUBERT, à sa femme.
De quoi vous mêlez- vous ?
MADAME PONTAUBERT.
Laissez-moi faire. Vous n'avez pas ouvert la bouche.
PONTAUBERT.
J'ai pris l'habitude de ne rien dire quand vous êtes là, Aménaïde.