‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 37 sur 324 · SCÈNE PREMIÈRE GONTRAN, EMBELLINE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE GONTRAN, EMBELLINE

Ils battent un tapis.

GONTRAN, galamment.

Ne vous fatiguez pas, mademoiselle Embelline, je battrai pour vous.

EMBELLINE, tapant plus fort.

On ne craint pas sa peine, à Montauban.

GONTRAN, la regardant avec tendresse.

Je ne m'y déplairais pas, moi, à Montauban. Je ne suis pas comme monsieur.

EMBELLINE.

Il s'y déplaît votre monsieur?

GONTRAN

Il ne le dit pas.

EMBELLINE.

Il n'est ici que depuis trois jours.

CONTRAN.

Je n'aurais jamais cru qu'il résisterait si longtemps.

EMBELLINE.

Vous faites le malin. Tout le monde sait qu'il est venu pour épouser notre demoiselle.

GONTRAN, stupéfait.

Monsieur?

EMBELLINE, en confidence.

L'hôtel du Lion d'Or a déjà demandé la préférence pour le repas de noces.

GONTRAN

Bah!

EMBELLINE.

Et madame Tolosate, la marchande de tleurs, m'a promis vingt francs si je lui faisais avoir la pratique pour les bouquets de fiancés. C'est elle qui les a fournis à M. le Préfet.

GONTRAN, avec fatuité.

Alors, Montauban s'occupe de nous?

EMBELLINE.

Oh! oui, par exemple!

GONTRAN

C'est toujours agréable! Et je vous jure que notre départ de Paris a produit quelque effet. On ne doit plus parler que de ça.

Il se penche pour embrasser Embelline, EMBELLINE, le repoussant vivement.

Oh ! non !

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