ACTE DEUXIÈME
CONTRAN.
C'est mon devoir. Je ne quitterai pas le dossier de sa chaise. Mais si madame me permettait de lui donner un conseil...
MADAME PONTAUBERT.
Je vous en prie, Contran.
CONTRAN .
Je connais monsieur. Je le placerais à côté d'une jolie femme.
Il sera à ma droite.
GONTR A N .
Oh! alors!
MADAME PONTAUBERT.
Ne craignez pas de m'indiquer tout ce qui pourrait être agréable à votre maître, nous voulons lui faire oublier Paris.
GONTRAN
Monsieur adore la musique.
MADAME PONTAUBERT.
Ah!
GONTRAN
Il disait souvent à mademoiselle Geneviève : « Petite, jouez-moi donc la Symphonie pastorale ».
MADAME PONTAUBERT.
La Symphonie pastorale ?
GONTRAN
Un air très ennuyeux.
MADAME PONTAUBERT.
Alors, Léonide doit l'avoir appris au lycée.
Monsieur n'est pas difficile à amuser. Il disait encore souvent à mademoiselle Geneviève : « Petite, venez donc travailler à votre tapisserie auprès de moi. Vous m'amusez, avec toutes vos laines », et il la regardait se débrouiller.
MADAME PONTAUBERT.
Léonide avait commencé un pouf avant de se destiner aux sciences. Où est le métier à tapisserie, Embelline?
EMBEÎ.L1NE.
Il est au grenier, madame.
MADAME PONTAUBERT.
Vous irez le chercher.
CONTRAN, continuant.
Monsieur aime bien aussi boire le Champagne avec des dames qui fument des cigarettes turques. Quand j'allais l'attendre à la Maison d'Or...
MADAME PONTAUBERT, se levant.
Vous entrez dans un autre ordre d'idées.
GONTRAN, avec réserve.
Je n'insisterai pas. J'ai déjà dit à madame que monsieur avait l'habitude de faire tous les jours une promenade à cheval.
MADAME PONTAUBERT.
J'ai découvert un alezan superbe, mais on le dit fougueux. Je le fais essayer par mon mari, (a Pontaubert qui paraît avec une mine maussade.) Ah! le voici ! Eh bien?