‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 42 sur 324 · SCÈNE IV PONTAUBERT, MADAME PONTAUBERT · texte numérisé non relu

SCÈNE IV PONTAUBERT, MADAME PONTAUBERT

MADAME PONTAUBERT, allant à lui, avec câlinerie.

Tu ne m'en veux pas de ta chute?

PONTAUBERT.

Non, Aménaïde; je trouve seulement que vous passez les bornas. Depuis que Brichanteau est ici, la maison est bouleversée.

MADAME PONTAUBERT.

Mais comme nous serons fiers d'avoir un pareil gendre!

PONTAUBERT.

Voilà votre marotte.

MADAME PONTAUBERT.

Vous êtes le seul qui n'ayez pas remarqué les assiduités de M. Brichanteau auprès de votre fille.

Vous appelez assiduités...

MADAME PONTAUBERT, l'interrompant.

Hier, pendant la musique, sur la promenade, il a pris son bras, et il ne l'a plus quitté.

PONTAUBERT.

11 l'a pris parce que vous le lui avez donné.

MADAME PONTAUBERT.

Tout le monde a remarqué sa galanterie.

PONTAUBERT.

Ce sont vos effarements que l'on remarquait.

MADAME PONTAUBERT,

Vous ne comprenez pas les effarements d'une mère qui voit sa fille au bras d'un homme dont la réputation seule est un danger.

PONTAUBERT.

C'est vous qui l'avez amené ici.

MADAME PONTAUBERT.

Parce qu'il est votre cousin.

PONTAUBERT.

Voilà qui est fort !

MADAME PONTAUBERT.

Il est évident que Léonide lui plaît... et de là... à l'aimer...

C'est dans votre cervelle.

MADAME PONTAUBERT.

On ne peut pas ne pas aimer Léonide quand on la connaît.

PONTAUBERT.

Eh bien! madame Pontaubert, savez-vous ce qui va arriver? Nous allons compromettre noire fille, et nous serons trop heureux de la donner à quelque coureur de dot comme Casimir Bombelles.

MADAME PONTAUBERT, haussant les épaules.

Vous êtes fou, maintenant! Un Casimir Bombelles !

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