‹ Théâtre complet [de] Edmond Gondinet (volume 4)Chapitre 72 sur 324 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

MADAME PONVAUBERT.

Vingt personnes vous ont vu, à minuit, dans le jardin, en tête à tête avec Léonide, levant tous les deux les bras au ciel.

BRICHANTEAU

Vers la Grande Ourse !

MADAME PONTAUBERT.

Tout le quartier est scandalisé.

BRICHANTEAU

Ah ! par exemple! Le quartier est bien bon!

MADAME PONTAUBERT.

Vous comprenez, n'est-ce pas, l'émotion d'une mère ? M. Pontaubert ! enfin !

SCÈiNE XV

Les Mêmes, PONTAUBERT, puis EMBELLINE.

PONTAUBERT, entrant effaré.

Comment, mon ami, vous vous battez pour ma fille ?

BRICHANTEAU

Moi ?

MADAME PONTAUBERT, avec joie, en lui sautant au cou.

Pour Léonide!

BRICHANTEAU

Permettez, madame.

PONTAUBERT.

Casimir Bombelles vient de le raconter au cercle.

MADAME PONTAUBERT, vivement.

Qu'a-t-il dit?

PONTAUBERT.

Il a raconté avec orgueil que le célèbre Brichanteau, de Paris, lui a donné un soufflet.

BRICHANTEAU

C'est exact.

PONTAUBERT.

Parce qu'il s'était arrêté sous les fenêtres de mademoiselle Pontaubert.

BRICHANTEAU

Moi, pas du tout, je lui ai dit : « Voilà la réponse à ce que vous m'avez dit ce matin. »

Toute la ville sait qu'il poursuit Léonide de ses obsessions.

MADAME PONTAUBERT, avec enthousiasme.

Et vous l'avez souffleté! Oh ! vous êtes bien digne d'êlre le mari de ma fille !

BRICHANTEAU

Permettez, madame.

MADAME PONTAUBERT.

C'est beau, le courage.

BRICHANTEAU

Je voudrais expliquer...

EMBELLINE, rentrant.

Pour mademoiselle Léonide Pontaubert. De la part de M. Brichanteau.

Elle montre un superbe bouquet blanc.

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