SCÈNE PREMIÈRE
BRIAC, puis HENRIETTE.
Briac est assis près de la table, prenant des livres, les quittant, regardant la porte et donnant tous les signes de la plus vive inquiétude.
BRIAC, se levant.
Où est-il? Que fait-il? (Avec une fureur comique.) Oll ! COmilie
je triompherais s'il n'était pas si cruel d'tivoir raison! On bafoue les préjugés, on se moque des lois, on dédaigne la morale des petites gens, — qui est un peu bornée, n'aimer que sa femme et ne nuire à personne; — on trouve joli de fuir les sentiers battus et de se jeter à travers champs. Mais après!... après!...
La porle d'entrée s'ouvre et Henriette, la femme de chambre de Cliristiuue, en toiletle de ville, entre timidement.
BRIAC, étonné.
Henriette !
HENRIETTE
Oui, monsieui', c'est moi; je cherche mademoiselle de Jublains.
BRIAC , vivement.
Elle n'est pas ici.
258 CHRISTIANE
HENRIETTE
On m'avait dit que je la trouverais peut-être chez son oncle.
On s'est trompé.
HENRIETTE, descendant*.
.le le vois bien; mais, quand j'ai appris que monsieur attendait M. de Noja et qu'il était seul, je me suis permis d'entrer.
BRIAC
Christiane n'est pas plus souffrante?
HENRIETTE
Mademoiselle est calme maintenant, mais c'est encore plus triste.
BRIAC
Vous pleurez! Ne pleurez pas, ne pleurez pas ici.
HENRIETTE
Monsieur n'a pas vu le docteur Solem?
BRIAC
Non.
HENRIETTE
Alors monsieur ne sait pas ce qu'il pense.
BRIAC
Je sais qu'il suffit d'un rien pour abattre Cliristianc et qu'im rien la relève.
HENRIETTE
C'est que le docleur Solem est venu deux fois ce matin.
li R I A c .
Il demeure si prés!
HENRIETTE
Et je l'ai suivi dans l'escalier; il avait l'air bien triste.
• Briuc, Hcririutlc.