‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 198 sur 352 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

ROBERT, ï-e levant.

Est-ce que ce n'est pas lui que j'atteins en frappant Sen encourt?

BRIAC

Il se croit responsable, il veut couvrir Senoncourt, il a raison.

ROBERT. ,.i

Est-ce qu'il n'a pas tenté, hier encore, la plus audacieuse des spéculations? est-ce qu'il ne voulait pas accaparer toutes les actions ?

BRIAC

Je les accaparais aussi, moi.

ROBERT, allant vers la table.

Est-ce qu'il pourra les revendre en pleine hausse comme

il l'espérait? (Montrant un dossier sur la table.) Si leS pièCOS qUC

j'ai là étaient connues, les cours seraient écrasés en une heure. Elles sont accablantes, et voilà ce que je reçois.

Il lui lenil une dépêche.

BRIAC, la prenant.

Du ministère?

ROBERT

Lis.

BRIAC, lisant.

« Mon cher comte, le ministre apprend que vous avez commencé une instruction au sujet de la société Senoncourt. Il désire avoir communication du dossier. » C'est un ozxlre.

Un ordre.

BRIAC

Il faut envoyer ce dossier le plus tôt possible.

ROBERT, debout devant la table, feuilletant le dossier.

Je l'enverrai. Mais, avant, je te prie de le revoir, de bien examiner les pièces; j'ai peur à présent d'avoir exagéré les faits ; je me demande si je ne suis pas trop sévère, si des hommes du métier ne jugeraient pas autrement que moi.

264 CHRISTIANE

BRIAC

Certes, ils jugeraient autrement. Pour nous autres, gens de finance, Senoncourt n'a été que léger. On m'a admirablement expliqué l'affaire. Il n'a été que léger. (Avec importance.) Je verrai ce dossier.

ROBERT

Si tu trouves des faits à atténuer ou ù supprimer, je le laisse libre.

BRIAC

Parfaitement.

ROBERT

La fortune et riionneur de cet homme sont en mes mains.

BRIAC

Sa fortune, peut-être, — son honneur, non. On ne me fera jamais admettre que j"aio vécu pendant dix-sept ans avec un malhonnête homuie sans m'en apercevoir ; ce serait trop béte. 11 sera ruiné, soit. Il lui restera du moins ce que je possède. Je n'ai pas d'enfants, moi. — Et d'ailleurs on s'accoutume très bien à vivre pauvre.

ROBERT, nllant à lui.

Mais Christiane!

BRIAC

Ah! Christiane...

LE VAI.ET, cnlruut.

Le docteur Solem sera ici dans un moment.

ROBERT, qui s'est vivement lapproclié de la porte.

C'est bien.

BRIAC, étonne '•'•

Tu fuis

dem

ander

Solem?

ROBERT

Oui.

BRIAC

Pourquoi?

ROBERT

Pour le consulter.

* Briac, Robert.

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