SCENE SIXIÈME IJOT
La cravate a déjà deux plis : je l'abandonne.
Elle Ta chercher l'autre cravate ♦.
Vous ne serez pas habillé, Et le mari va manquer au programme.
OCTAVE
Non. — Que dis-tu de ma femme?
AGATHE, vivf'iiionl.
("amille est parfaite.
OCTAVE
Au moral.
AGATHE, insistant.
Aimable, bonne.
OCTAVE
Oh! oui, je sais, une belle âme.
Avec inquiétuile.
Je parle du physique.
AGATHE
Elle est... ni bien ni mal.
OCTAVE, vivement, se relevant.
Non ! oh non ! dis-moi qu'elle est laide.
AGATHE, se récriant.
Oh!
OCTAVE
Laide, — c'est précis, c'est franc, c'est clair, c'est net.
AGATHE
I\[on cousin !
OCTAVE
Ça vaut mieux, on est siV de son fait.
Se rapprochant d'elle, très inquiel.
Ti'(''s laide, n'est-ce pas?
AGATHE
Non.
* Agathe, Octave.
OCTAVE
Je te le concède.
Je l'épouse, tu peux me parler iVancliement. Le bonheur est en nous, comme dit le proverbe,
VA la l)eauté n'est qu'un vain ornement. Ci'ois-lu que je voudrais d'une femme superbe? Jamais! — Une belle âme a bien son agrément.
Que cherchons-nous? La mère de laniillc. Grave et maji^stueuse au foyer conjugal, Maniaiil noblement une modeste aiguille.
.Ne me dis plus : Ni bien ni mal.
A G A THE
Camille a le bras magiiinqui\
OCTAVE, avec une joie lempéiéc par le iloule.
Magnifique 1 Tu crois? — Eh bien, c'est presque trop. Moi, je suis un homme pratique, Et je ne prends pas un falot Pour chercher une femme, à la manière antique. Je ne serai jamais épris de l'Idéal.
Je suis notaire.
Pourquoi le taire?
11 me faut um^ dot, je donne le signal;
Je mets tous mes amis en quête, Et j'attends que leur choix s'arrête.
Mon oncle m'olfrc un très joli total; J'accours, on m'introduit, je fais trois révc'ronces. El je vais, dans un moment, Recevoir avec déférences L'avant-dernier sacrement .
On ne l;iit plus auli-enicnl.
Ci'ljc faijun est un peu ]>romple.
OCTAVE, allant s'asseoir sur le canapé.
Les grands-parents ont juis des informations. Vertu, sanli', candeur, antres perfections.