ACTE PREMIER
quêter... il est sacré ; mais si M. Gri moine s'avisait de faire le gandin ou le joli cœur auprès des dames, son compte serait bien vite réglé.
CÉLESTE
M. Champanet aussi m'est fidèle, le pauvre homme est si confiant... Il croit que M. Carpiquel est amoureux de sa nièce... .le ne le tromperai jamais !
ELMIRE. giiicnifin.
Vous êtes si distraite I
CELESTE, naïvement.
Voilà ce qui me fait peur... Oh ! ma chère Elmire, on n'est pas assez indulgent pour les femmes.
D'autant plus que les trois quarts du temps ce n'est pas leur faute. — Elles sont en butte à tant d'obsessions !
CÉLESTE
N'est-ce pas ?
Ainsi, moi... hier... au moment de partir... une bonne de riuMel m'a demande si j'étais bien madame Grimoine, et elle m'a remis discrètement une lettre que je n'ai pas eu le temps de refuser.
CÉLESTE
Un billet doux ?
Je suis restée interdite... c'est un étranger qui me fait une déclaration brûlante... 11 me trouve admirable... et faite... comment le sait-il? — Il me rappelle les doux moments qu'il a passés près de moi... Je ne l'ai jamais vu, et il me reproche de lui avoir échappé sur la plage.
CÉLESTE
C'est un Portugais?
Oui... don Stefano Ruy Gomar.
CÉLESTE
Ah ! mon Dion ! je sais ce que cc>l.
Vous le conniÙNsez ?
11 était à Étretal... le jour où nous y sommes allés en excursion.
Jeudi dernier ?
CÉLESTE
Oui... Je m'étais disputée avec mon mari... et je ne savais comment revenir la première. Nous allons au bain, côte à côte, sans nous parler... je plonge à droite, il plonge à gauche... Le flot me le ramène... Je l'entends nager lourdement pi'ès de moi : il nage lourdement. Je fais la planche, et je lui dis: « Soutenez-moi, je coule au fond... » c'était une bonne entrée en matière... Il me soutient sans se faire prier... Il me paraît même que ça lui est agréable... Je me dis: la paix est faite... je me retourne en sourian!... ce n'était pas lui.
Ah i)ah :
Cé'tait un Pmlugais.
Don Stellmo ?
Lui-même... Je nage \ci-s la plage... je m'élance vers ma cabine... il me suit... menaçant daller loin... Il me vient une inspiration... un monsieur passe, je nrécrie : « Prenez gai'de, c'est mon mai-i ! »