ACTE PREMIER
Elle l'est toujours; seulement, elle l'est au deuxième étage ; elle m'a fait le sacrifice de la vitrine. Je lui ai acheté un modeste mobilier... Elle n'a pas encore d'ambition. Je l'ai casée dans un petit appartement au cinquième. J(^ lui ai écrit de Dieppe que j'arrivais aujourd'hui, poiu- (prelle demande un congé à sa patronne... Elle m'attend... et moi je brûle de la revoir, aussitôt que les con^enances nie permettront de quitter ma femme.
r.HAMPANET.
Ça n'a aucun prestige, ces amours-là.
GRIMOINK.
Je me moque du prestige, moi. Elle me croit garçon, elle m'adore, et elle ne coûte pas très cher... c'est un trésor !
CHAMr.VNET.
Et voilà comme tu te conduis, loi, Grimoine, iiomine grave ! Tu ne crains donc pas...
GRIMOINE.
Je ne crains qu'une chose... c'est que ma femme me pince... aussi je suis prudent.
CHAMPANET.
Mais ta conscience ! elle ne te dit donc rien, ta conscience ?
GRIMOINE.
Oh! si, mais je ne l'écoute pas... et puis, vois-tu, j'ai encore un système là-dessus. J'ai remarqué que, entre époux, celui qui aimait n'était jamais aimé. Alors, pour être aimé, je n'aime pas. J'ai remarqué aussi qu'il y en avait toujours un qui trompait et un autre qui était trompé. Alors, pour ne pas être trompé, je trompe... tu vois comme c'est simple.
CHAMPANET.
C'est-à-dire que c'est abominable.