ACTE PREMIER 3>i
CÉLESTE, vivement.
Ah ! monsieur, vous me sauvez la vie.
CHAMP AN ET
Les femmes exagèrent toujours.
STEFAXO, bas. A Céleste en lui reiiieUant le sac.
C'est la seconde fois.
CÉLESTE, étonnée.
La seconde fois?... Ah 1 oui... dans les iwins mixtes.
Elle se rassied.
CIIAMPANET, à Stefanj.
Puisque vous avez, vous auss", passé la nuit en chemin de fer, accepteriez-vous de prendre part à notre frugal déjeuner?
CÉLESTE
Comment, il l'invite?
STEFANO
Mille grâces! (Avec des yeux blanes.) -Jc 110 mange pluS. CHAMPANET.
Vous avez tort.
Tout à fait tort.
CHAMP A N i: T .
.'Vsseyoz-vous, du moins.
Elniire se lève, fuit signe à Jnsliiie, qui avance une chaise. ELMIRE, liés aimable.
Asseyez-vous, monsieur. Nous vous recevons hicn mal.
STEFAXO
Très bien, marlame Champanet... Doctour, j'avais entendu parler de vous en Portugal.
G RI MOI NE, llatle.
En Portugal-.'
STEFAN'O
Où j'ai riionneur d'être Grand... Grand de Portui;al. Et voyez le hasard, j'avais l'intention do vous consulter.
Il s'assied à droite, r, R 1 SI 0 1 N E .
Je n'exerce plus.
STEFANO
Oh I quel donimnael
G lU M 0 I N K .
Mais je pourrais l'aire une exception en i'aveui' d'un noble étranger.
Très bon médecin, Griinoine. Seulement il ne \)c\\[ pas 1 me faire digérer.
Prends mes orties noires, tu les aimes.
CHAMP A NET. à Slifaiio.
Alors vous êtes souffi'ant? vous n'en avez pas l'air.
STE l'ANC.
Ma maladie est des plus poétiques! Je suis en proie ù un mal mystérieux... !.(> jour cl la nuil. je suis ])Oursuivi par une vision angéliqur.
Monsieur me consulte;?
SÏEFANO.
Je me vois dans la mer, soutenant d'un bias respectueux Vénus ou Amphitrite... Je la \ois, balancée par les vagues. Elle sort de l'onde, courant à sa cabine, dans le ravissant costume de bain (pii trahit les formes sans les amoindrir.
CIIAMPANET, i Stefiino.
Monsieur, un ami à moi a eu des visions semblables pendant pivs de doux années.