‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 309 sur 352 · SCÈNE VII STEFANO · texte numérisé non relu

SCÈNE VII STEFANO

Je n'ai vu que sa robe se glisser furtivement sous la porte cochère, mais mon cœur ne s'y est pas trompé. Elle est ici. Je fouillerai la maison. Elle n'est pas entrée chez l'homme

d'affaireà qui est au-dess^ju.^. Jai pris un prétexte pour ! faire causer. Je lui ai acheté un fonds de parfumerie. (Regi dant récriteau de la modiste.) — « Modes ! » Elle allait chez sa rao diste. Je vais acheter quelques chapeaux, (ii sonne chez la mo-iisie.

Tirant une lettre .le sa poche arec arnoor.) Elle s'appelle Céieste '. Vûilà

le billet quelle ma remis avec une fleuri... (n embrasse la leiire.) « A la mer je ne m'appartenais pas. mais ici je suis à

vous. Céleste tout court. » (U embrasse encore la lellre.) An

adoré!... (in Troiun, qui a ourert.) Je voudrais voir quelqu» a chapeaux nouveaux pour ma mère.

LE TROTTIN

Entn-z. monsieur... Oh ! le bel homme 1

lU î<>rtent par la gancbe.

SCENK Vlil

CELESTE et ELMini:.

Céleste et Elmire redescendent tremblantes, marchant ;Dr la pointe clt-9 pîe'Jj et parlant à toîx bas^.

CELESTE

Soyez prudente.

KLM IRE.

C'est bien à vous de me donner ce conseil !

CÉLESTE

On ne m'entend pas soufDer.

Vous montez jusqu'au cinquiènv:' et là vous ouvrez une porte.

CÉLESTE

Il n'y avait plus d'escalier.

Moi, je vous suis machinalomenl. et nous voilà chez un oûicier qui faisait la sieste.

CÉI.KSTE.

Heuivusement qu'il faisait la sieste ! il a cru que nous avions sonné, et puis, nini, je n'ai pas peur du tout avec les officiers .

i: L M IKK.

Je l'ai l>ien vu, vous lui avez dit que \ous veniez lui recommander votre tils, qui était cuirassier.

Je me suis ivpris tout de suite, -l'ai dit mon oncle.

Et d'abord, ce n'était pas un officier de cuirassiers: c'est un fantassin 1

CÉLESTE

Heureusement. t;a m'a i>ermis de m'excuser et de dire que nous nous trompions. Sans cela nous n'aurions jamais su comment sortir.

El. MI HE.

11 nous a prises pour deux aventurières.

CÉLESTE

Oh! non. (EUe s'approche de la rampe el fait un pas en arritre.) Il OSt

au haut de Tescalier qui ivpiixic où nous allons.

Vous voyez bien.

Passez la premièiv.

EUi'^ dostvriileiit Te^oalier.

ELMIRE

Dans quelle situation nous avez-vous mises?

CKLESTE.

Longez le mur. Une fois tlans la rue, nous serons tranquilles.

ELMIRK, se leloui-naiit.

Remontez vite.

CKLESTE, rpinonlant aussi.

Pourquoi?

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