‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 311 sur 352 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

bretelles... et elles me gênent même, (au riouia qui a ouveri la porte.) Mademoiselle Olympia.

LE TROTTIN, à paît.

Oh! c'est Moumoutte. (naut.) La porte en face, monsieur.

La porte en face?

LE TROTTIN

C'est là que mademoiselle Olympia demeure à présent.

Ah! très bien, merci, mademoiselle.

I.ti Trollia referme la porte, (j R I .M U 1 1\ E , eu Iruversaiil.

Je comprends pourquoi elle m'a télégraphié de venir la demander à son magasin; elle demeure en face, sur le même palier! (n sarrèie devant la porte.) Alors je vais la trouver seule. On a beau être matérialiste; dans ces moments-là, c'est l'àme qui travaille! Au moment de sonner, maintenant, j'éprouve quelque émotion. Allons, allons, Grimoine. Il n'y a pas de cordon de sonnette, (n frappe timidement.) Est-ce bête!

CH.\MPANET, paraissant au pan coupé à droite.

J'écris à ma femme que j'ai rencontré un ancien ami, le capitaine adjudant-major... On frappe.

JULES, accourant vivement.

Vous croyez? — Mais non... non... on ne frappe pas.

GRIMOINE.

Je suis viaiment ému. Est-ce bête!

Il frappe encore.

CllAMI'ANET.

On frappe timidement. Ce doit être une femme.

JULES, à part.

Elle revient. Elle n'a pas compris.

GIIAMPANET.

C'est la façon de frapper d'une femmer

Elle n'eiilond pas. Son cœur ne lui dit lien.

Il frappe un peu plub Toii.

(li AM 1" AN Kl.

C'est elle!

Il ne faul pas qu'elle nous voie ensemble ici.

cil A M PAN ET.

As-tu un placard? Maintenant que je suis un homme à bonnes fortunes, je peux me fourrer dans les placards. Je le dois même, car enfin, nous te trompons. Tu pourras rompre tout de suite ou la ramener à la vertu. Je te le permets, (ii

se glisse dans le placard, qu'il ne referme pas conipli lemcnl .) ()uvre! je

resterai le temps qu'il faudra.

.IULES, ù part, allanl ouvrir.

Il est capable de regarder, le traître! (ii enuebàiiie la pane sans quiuer des yeux ciianipaiiei.) N'cutrez pas, il est daus le placard,

11 referme la porte au nez de Grinioine.

GRIMOINE.

Comment ! (Au moment où Jules ouvrait, Cliampaiiel se renfcrniait, consciencieusement dans le placard. Jules reste tout tremblant, appuyé à la porte comme | ta première fois. Grimoine demeure interloqué sur le palier.) 11 eSt danS le

placard. Qui? qui? J'ai le droit de savoir qui se cache dans] les placards d'Olympia. Son père, peut-être? Elle m'a souvent parlé de son vieux père, qui la tuerait s'il apprenait] qu'elle a failli. Noble vieillard! Je serai prudent. .le vais] m'installer chez le concierge, je verrai ceux qui entrent etj ceux qui sortent, (sanêtani dans lescaii r.) Je n'ai pas reconnu le timbre de sa voix. Elle s'est donc enrhumt'e en mon ab-j sence... Chère petite!

Il descend.

JULES

Il y reste. Il est consciencieux. Moi, je n'ai plus de] jambes.

II s'assied sur une chaise.

Page 1