ACTE TROISIÈME
CÉCILK.
Que voulez-vous que j'y lasse ?
JUSTINE
C'est que j'ai un canard aux navets qui rissole.
CÉCILK .
Voici mon oncle !
JUSTINE
Avec madame ?
CÉCILE
Non, tout seul... il marche très vite.
CIIAMPANET, enUanl préoccupé, pan coupé à ilioite.
Madame Champanet est-elle ici ?
CÉCILE
Non. mon oncle.
CHAMPANET.
Ah!
JUSTINE
Madame est sortie presque en même temps que monsieur.
CHAMPANET.
Ah !
JUSTINE
Et elle n'est pas encore rentrée.
CHAMPANET, se rjpon.lant à lui-même.
C'est un hasard, sans doute, une simple coïncidiMice.
Et j'ai un canard aux navets qui rissole.
CHAMPANET.
Il me semblait que ce matin je vous avais flanquée à la porte.
JUSTINE
Oui, monsieur ; mais madame a reconnu que c'était une injustice et elle m'a augmentée.
CHAMPANET, ù lui-mênie.
C'est un hasard, sans doute, une simple coïncidence !
Qu'as-tu donc, mon oncle ? Tu as l'air préoccupé.
CHAMPANET.
Est-ce qii"il ne m'arrivo pas, quelquefois, d'être préoccupé ?
CÉCILE
Oh ! si, quand tu prépares ton cours de pisciculture.
CHAMPANET.
Eh bien, je le prépare.
JUSTINE
Monsieur a marché vite. Monsieur ne veut rien prendre ?
Je prendrai volontiers une tasse de tisane.
JUSTINE
Quelle tisane, monsieur?
CHAMPANET.
Celle que je prends toujours, celle qui m'est ordonnée, les orties noires.
JUSTINE
Bien, monsieur.
Elle pnri par le pan coupé à gaucho.
CHAMPANET, s'asseyanl à gauche de la table.
Pourquoi m'a-t-elle échappé comme une anguille ? Pourquoi m'avait-il enfermé dans le placard? Pourquoi n'était-ce pas Olympia? Pourquoi ce Portugais disail-il que c'était madame Grimoine ? Pourquoi madame Grimoine était-elle chez la modiste ? Et pourquoi madame Champanet n'est-elle pas ici ? J'ai besoin de coordonner tous ces événements pou r arriver, de déduction en déduction, à les comprendre... suivant ma méthode ordinaire.