ACTE PREMIER
Plumault, L. T., Plumault, charmant garçon, de mœurs pures, mon élève, qui vous adore.
CÉLESTE
Il est trop tard : j'aime.
Vous aussi !
CELESTE, continuant.
M. Albéric de Châteauponsac.
GAVAUT.
Cliàteauponsac ! qui ?
CÉLESTE
Un lieutenant de hussards.Il vient de passer tout à l'heure.
GAVAUT.
Un second hussard !
CÉLESTE
Oh ! papa, ne serez-vous pas flatté de voir dans votre famille un bel oiricier?...
GAVAUT, continuant la phrase.
Avec un beau pantalon rouge, un habit bleu de ciel, — on me l'a déjà dit, — et des brandebourgs l'hiver, comme nia robe de chambre, — je sais tout cela.
CÉLESTE, d'un air câlin.
Vous ne l'avez pas remarqué? — Il passe vingt fois par jour sous nos fenêtres.
GAVAUT.
Et il fait caracoler son cheval!
CÉLESTE
Il a un air martial et des moustaches...
Qui me charmeraient moi-même? — Non, mademoiselle, non.
CÉLESTE
Demandez à madame Minard, dont les fenêtres sont audessus des nôtres.
34 GAYAUT, MINARD ET C"
GAVAUT.
Taisez-vous. Vous épouserez Plumault.
CELESTE, après un temps de réflexion.
Vous êtes ambitieux, vous.
GAVAUT.
Moi?
CÉLESTE, s' appuyant sur l'épaule de son père.
Votre place est à la Chambre.
GAVAUT, se laissant convaincre.
Ah ! tu crois?
CÉLESTE, avec clialeur.
C'est ce que me disait M. de Chàteauponsac.
GAVAIT
Il t'a dit cela? — Ce lieutenant, ce simple lieutenant l'a dit cela?
CÉLESTE
A la Chambre... et même ailleurs.
GAVAUT, flatté.
Même ailleurs?
CÉLESTE
Plus haut.
GAVAUT, avec flerté.
Ministre alors? — Le ministère du commerce?— J'ai fait mes preuves.
CÉLESTE, abandonnant l'épaule de son père.
Voilà où vous devriez être.
GAVAUT, convaincu.
Dans l'intérêt de mes concitoyens. — Je protégerais le colon, et je t'assure qu'on ne verrait pas la flanelle envahir la société.
CÉLESTE
M. de Chàteauponsac serait un appui.
GAVAUT.
Un appui?... solide? — Oui, le commerce s'appuyant sur le sabre.