ACTE PREMIER
LES JEUNES FILLES
Toutes les trois.
G A VA UT, se lovant*.
Comment, toutes les trois?
CÉLESTE et COLOMBE.
Oui, oui.
ANGÈLE
Moi, d'abord, je ne le céderai pas à mes sœurs.
CÉLESTE
Ni moi.
COLOMBE
Ni moi.
GAVAUT.
Je ne pourrai jamais en faire trois parts.
COLOMBE
Je serai sa femme.
Il sera mon mari.
ANGÈLE
Il sera le mien.
GAVAUT.
Permettez.
ANGÈLE
Vous me l'avez offert.
CÉLESTE
Vous me l'avez promis.
COLOMBE
Vous m'avez dit que je l'épouserais.
GAVAUT.
J'en conviens, je le reconnais; mais ce n'est pas une raison...
CÉLESTE
Moi, je l'aime.
COLOMBE
Moi, je l'adore.
* Céleste, Gavaut, An gèle, Colombe,
42 GAVAUT, MINARD ET C'»
ANGÈLE
^loi, je ne vivrais pas sans lui.
Vous allez trop loin. Procédons par ordre.
ANGÈLE
Donnez-nous quelques jours, pour qu'on puisse voir celle qui l'aime le mieux.
COLOMDE.
C'est moi.
ANGÈLE
C'est moi.
CÉLESTE
C'est moi.
GAVAUT.
Du calme, nous allons nous entendre.
Il passe à droite, MINARD, entrant du pan coupé de droite, des lettres à la main '"'',
Je ne peux pas mettre la main sur Térence.
GAVAUT.
Ah! les affaires. — Il est troublé, ce garçon, c'est bien naturel.
MINARD
Il n'a pas ouvert le courrier.
GAVA U T
Nous l'ouvrirons nous-mêmes. Je suis à toi (a ses niies.) Mes filles, votre soumission me touche; elle m'étonnerait si je ne connaissais la légèreté de votre sexe. Je ne suis pas un père barbare, et pourvu que Térence soit mon gendre... — Je vous accorde vingt-quatre heures.
ANGÈLE, CÉLESTE, COLOMIîE.
Merci, papa.
GAVAUT.
Hctil'CZ-VOUS. (Elles sortent par le pan coupé de gaucho. — A lui-même.)
Elles le trouvaient laid, elles le trouvent joli... — Oh! ks femmes ! les femmes ! Un sable mouvant. * céleste, Angèle, Colombe, Gavaul, Minard.