ACTE DEUXIÈME
GAVAUT.
Cependant, il devrait être ici.
MINARD
A-t-il l'argent nécessaire pour le voyage?
Tu me fais frémir.
MINARD
S'il ne l'avait pas?
GAVAUT.
Où èles-vous donc, railleurs sceptiques, qui ne croyez pas que les pères ont des entrailles spéciales!
J'en ai longtemps douté.
GAVAUT.
Matérialiste! — Depuis que j'ai un fils, il me seml^le que j'aime moins mes filles.
MINARD
Je me surprends à être froid avec Elvire.
GAVAUT.
Un filsl... moi, qui m'en croyais incapable!
MINARD
Et moi, que ma femme accuse!
GAVAUT.
Tout porte à penser qu'il m'appartient.
MINARD
Comment... tout?
GAVAUT.
Toi, tu n*as pas d'enfant.
JI I N A R D
Toi, tu n'as que des filles.
GAVAUT.
C'est déjà quelque chose.
MINARD
Ce n'est rien.
60 GAVAUT, MINARD ET C'^
GAVAUT.
Les présomptions sont de mon côté.
Allons aux preuves.
GAVAUT.
MINARD, GAVAUT.
Non.
Si.
Non.
Si.
GAVAUT.
Je ne veux rien éclaircii".
Moi non plus.
Parfciitement.
MINARD
Nous sommes d'accord.— (Reprenam.) Ma femme m'accuse! C'est elle... qui a trop d'imagination. Au premier anniver saire de notre hymen, elle me dit : Achille, je vous ménage une surprise.
GAVAUT, souriant.
C'était?...
Jl I N A R D .
Non, mon ami. — C'était un calepin relié en maroquin rouge, oîi elle écrivait chaque jour ses impressions. Elle le mit sous ma serviette.
GAVAUT.
■Je m'en souviens.
MINARD
Mon nom était à chaque page. Ce maroquin rouge était tout plein de moi, et — bizarre coïncidence! — je lai retrouvé ce matin dans la poche de mon paletot... comme un remords. — Le voici, Gavant.
n le prend dans la poclic du pardessus qu'il a sur son bras.