‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 77 sur 352 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

GAVAUT.

J'aurais pu en douter, il y a une heure. — A présent, je n'en doute plus. — Tu ne vois donc pas le machia\ élisme de cette femme ? — Elle se tait vingt ans. Tout à coup son fds est accusé d'un crime, on le poursuit. Il faut le cacher. Elle nous l'adresse. — Elle sait bien qu'il sera en sûreté chez nous, — que nous ne pouvons pas livrer notre propre enfant.

MINARD

Il ne sait pas que nous sommes son père.

GAVAIT

Heureusement. — Mais, s'il est arrêté chez nous, tout se découvrira.

MINAUD.

Oh! mon ami, nous sommes per,..per...per...dus...dus...

GAVAUT, s'exallant.

J'entends déjà le ministère public tonnant contre les pères dénaturés qui abandonnent leurs enfants. — Et l'avocat ! — Tavocat, à sa barre, s"écriant : « Ah ! messieurs les jurés, » l'accusation est bien forcée de le reconnaître ; le vrai cou- » pable n'est pas sur ce banc ; ce n'est pas cet enfant, en- » traîné malgré lui par l'exemple. — C'est celui qui, le » sourire aux lèvres, semait dans l'orgie une moisson pour » l'échafaud. (Montrant Minard.) C'cst cc bourgcois libcrtiu, ce » débauché, ce miséral^le, cet infâme... » On ne sait pas tout ce qu'un avocat peut trouver d'épithètes! — « C'est le » père ! c'est Minard et C'^. »

MINARD

ISe m'accable pas, Gavant.

GAVAUT.

Minard, les circonstances sont terribles et le temps presse.

MINARD

Que faut-il faire ?

92 GAVAUT, MINARD ET C^»

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