‹ Théâtre complet [de] Edmond GondinetChapitre 85 sur 352 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

GAVAUT, MINARD, puis TOINETTE.

Gavaut, tenant un fusil de garde national, et Minard, un grand pistolet d'arçon, sont assis, le premier, sur une chaise au milieu, le second, sur le fauteuil près du bureau, et dorment profondément. Sur le bureau, une bougie agonise.

GAVAUT, rêvant.

Mes filles!... où sont mes filles?

MINARD, de même.

Mon fils... OU le sien, (loinette entr'ouvre la porte du milieu et la referme vivement en entendant parler. Minard se réveille.) Hein ! fJUOl i

qu'est ce qu'il y a?

GAVAUT, se réveillant.

J'ai failli m'endormir.

MINARD

Mais je veillais, moi.

Moi aussi, je veillais.

Ils se rendorment.

TOINETTE, entrant par la porte du milieu et s'avançant à pas de loup''".

Ils dorment... Pauvre Cyrus! je vais le délivrer.

Gavaut laisse tomber son fusil. Toinetle effrayée se sauve par le fond. * Gavaut, Toinette, Minard.

104 GAVAUT, MINARL) ET C-

GAVA UT, effrayé. Il se lève *.

Minard !

MINAIID, effrayé. Il se lève.

Gavaut! Puisque je l'ai dit que je veillais!

GAVAUT. Il rapproche un peu la chaise du coffre-forl.

Moi aussi, je veillais. — Quelle situation ! — Être obligé de défendre sa caisse contre son fils !

M I N A R D , luonlranl son pistolet.

Les armes à la main.

GAVAUT.

Pendant que mes trois filles...

Il s'arrête ému.

Du courage, Gavaut.

G AVA u T .

Térence ne me les ramène pas.

II les cherche encore.

GAVAUT.

Ah! je les aurais déjà trouvées, moi, si je n'étais pas forcé de veiller sur ma caisse.

MINARD, imliquant la chambre du premier plan à droite.

Et de garder ce criminel.

GAVAUT.

Qui ne veut pas nous quitter.

MINARD

Non, il ne veut pas.

GAVAUT.

Minard, il laut on finir, je i-enonce à la lutte. — On sait qu'il est ici, on dira que nous avons voulu favoriser sa fuite, nous perdrons nos clients.

* Gavaut, Minard.

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