D E8TRI6AUD
Et comment la sympathie s'arrêterait-elle avec vous à l'amitié? Vous prenez -vous pour une de ces âmes moyennes qui inspirent des sentiments tempérés? Gonnaissez-vona
mieux ! Ce dédain superbe du convenu, celte révolte contre le préjugé, jusqu'à cette beauté fière qui semble moulée sur votre bravoure, tout en vous est une répulsion, s'il n'est pas une fascination. Il faut vous haïr ou vous adorer!
CATHERINE, railleuse.
Voilà une déclaration qui me désole, monsieur le baron ; elle est trop catégorique pour laisser place désoimais au moindre commerce entre nous.
d'estrigaud.
Pourquoi cela?
CATHERINE
Tout simplement parce que je suis fermement résolue à ne pas me marier. ^
d'ESTRIGAUD, à part.
Échec et matl*. Non, pas encore.
CATHERINE
Vous m'avez comprise?
d'estrigalç.
Parfaitement; mais je doute que vous m'ayez compris vous-même, car il y a entre nous, comme vous le disiez, un malentendu complet.
CATHERINE
Et lequel?
d'estrigaud.
Vous me refusez votre main; je ne sais comment vous dire... que je ne vous la demandais pas.
Comment?
d'estrigaud.
i*ai la même horreur que vous pour le mariage. VI. M
r 182 LIOiNS KT KëNaHDS.
CATHERINE, arec htntenr.
Qa*espérez-yoas donc? et poar qui me prenez-voas ?
d'£Strigàud.
Pour une âme sœur de la mienne, ennemie des entraves sociales et cherchant un moyen terme entre la solitude et la servitude.
CATHERINE, indignée.
En un mot, vous prétendez être..?
d'ESTRIGAUD, Tiremeot.
Votre esclave, rien de plus ! Le seul bonheur que j'ambitionne, c*est de vous appartenir, assez payé de mon dévouement par la permission de me dévouer.
CATHERINE
Eh bien, monsieur, cette permission, je vous la refuse absolument, et je ne crains plus rien de vous. J'imaginais qoe vous en vouliez à ma fortune; c'est à mon honneur? Tant mieux! cette insulte en plein visage vous met à ma merci... Vous me ferez grâce désormais de tos assiduités dans le monde, vous n'aurez plus l'air de me connaître; à ces conditions, je vous garderai le secret.
Mon secret n'est pas de ceux dont un homme ait à roagir, mademoiselle, et vous pouvez l'ébruiter sans nuire aa baron d'Estrigaud. Quant à ce que vous appelez to3 conditions et ce que j'appelle, moi, tos ordres, je m'y soumettrai avec une douloureuse satisfaction, comme à la seule preuve de dévouement que vous vouliez bien accepter de moi... AdieUy mademoiselle, (a part.) Échec à la reine !
Il MrU