SCÈNE III
PRÉVENQUIÈRE, OCTAVIE.
OCTAVIE, après un silenco.
Croyez- VOUS que le vicomte puisse plaire à Calâerine? Je uc \ti pense piis, mui.
ACTK DEUXIÈME. 201
PRÉVENQUIÈRE. '
Et moi, madame, je vous défends dorénavant de recevoir le baron.
OCTAVIE
Pourquoi donc, mon ami?
Vous osez me le demander, après ce que nous venons d'entendre?
OCTAVIE, 80 levant.
Quoi! monsieur, me feriez-vous l'injure?..
PRÉVENQUIÈRE.
De me rendre h l'évidence ! oui, madame.
OCTAVIE
Libre à vous.. . je ne descendrai pas à me justifier.
PRÉVENQUIÈRE.
C'est le mot de toutes les femmes coupables.
OCTAVIE
Vous me faites pitié. Puisque vous voulez le savoir, sachez que j'adorais mon mari et que je n'ai jamais aimé que lui.
PRÉVENQUIÈRE.
flcin?
OCTAVIE
Vous ne vous en étonneriez pas si vous l'aviez connu. Il était autrement spirituel, autrement béaU que le baron 1 Kt fti tendre, si...
PRÉVENQUIÈRE.
C'est bon, madame, o'est bon !
OCTAVIE
Vou« voulez que je me justifie... je n'ai pas d'autre justi*
iîcction à vous donner, et elle m'est bien douce. Il y a si longtemps que je comprime mes souvenirs dans mon cœur. Pauvre ami I si confiant, si loyal !
PRÉVENQUIÈRE.
En voilà assez.
OCXAVIE.
Et quel charme irrésistible! quels trésors de passion!
PRJÉYENQUIÊRE.
S'il était si parfait, pourquoi le...?
OCTAVIE
0 mon Edouard, toi...
PRÉYENQUIÈRE.
Madame!., ayez au moins la pudeur de ne pas le tutoyer devant moi.
OCTAVIE, changeant de ton .
Est-ce de lui que vous êtes jaloux ou du baron?
PRÉVENQUIÈRE.
De tous les deux I
OCTAVlË*
Il faudrait opter cependant.
PRÉVENQUIÈRE.
Je ne sais lequel je déteste le plus. Votre Edouard..*
OCTAVIE
Avouez que vous me pardonneriez maintenant derayoir*.. outragé.
PRéVENQUIÈRBé
Je ne dis pas cela.
OCtAYlÈ*
Mais vous avez bien envie de me aroire un peu coupable envers lui.