‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 126 sur 320 · VI. n · texte numérisé non relu

VI. n

.ne EIONS ET RENARDS.

FRÉYENQUIÈRS.

c'est à peine assez.

SÀINTE-AGÀTBB.

Oai, mais avez -tous besoin de deux cents hommes?

CHÂMPLION.

Si je n'en demande pas davantage, c'est que je compte sur la supériorité des armes nouvelles. J'aurai dix combats à livrer pour traverser le Wadaï.

PRÉVENQUlfeRÉ.

Au bas mot.

▲DHÉItÀA, à pari»

Diantre

Pourquoi le traverser ? Si je vous ai bien compris, les gisements aurifères sont situés sur la frontière orientale. Passez par l*Égypte. . . Vous n'aurez que faire d'une armée*

PRÉVENQUIÈRE.

C'est jus

CHAMPLION, se levant.

Permettez, j'entends rester maître absolu de mon itiné"

raire.

PRÉVENQUIÈRE.

Pourtant, si on vous en propose un meilleur. ••

CHAMPLION.

Noh, messieurs. Je vous conduis à une mine d'or, c'est bien le moins que vous me laissiez le choix du chemin.

SAINTE-AGATHE

Mais quel intérêt avcz-vous à prendre le plus difGLcilaf

CHAMPLION.

Tl faut que je repasse h Wara.

AGTEDfiUXiâME. m

ADtffiMAB.

Qii*est-ee qui vous y rappelle ?

OCTÂVIB.

En effet?..

CHAMPUON.

J'y vais chercher M. Jacques Bartet, mon ami... et croyez bien que si je pouvais y aller seul avec la moindre chance de succès, je serais déjà en route... sans plus me soucier des mines d'or que si elles n'existaient pas.

OCTAYIE, h Catheriae.

J'aime mieux ça.

SAtNtfi-AGATHB.

Ce sentiment vous honore ; mais votre ami retrouverait bien son chemin sans vous. N'est-il pas Thôte du Soudan?

CMÀMPLION.

Eh ! monsieur, Thospitalité du Soudan est une captivité I C'est comme prisonniers qu'il nous a emmenés dans son expédition.

ADHÉMAR

Vous allez faire là-bas ce que TAngleterre a fait en Abyssinie ?

CHAMPLION.

Oui, monsieur.

ADHÉMAR

C*est admirable!

BAINTE-AGATHE, se lerant.

J'admire TAngleterre, mais vous comprenez que je retire ma proposition; ces messieurs ne risqueraient pas leurs capitaux dani^ ime entreprise dont ils n'auraient pas la direction.

Eh bien, je continuerai mon appel au public ; s'il ne me fournit pas deux cents hommes, je partirai avec cent, je partirai avec vingt, je partirai seul au besoin.

adiiémâr.

Vous aimez donc bien votre ami, monsieur ?

CHAMPLION.

Si je l'aime I Ah! si vous saviez quel homme c'est I quelle intelligence ! quel courage ! quelle bonté ! Brave Jacques ! il me détournait de ce funeste voyage... Quand il me vit décidé: « Eh bien, partons, me dit-il, je ne te laisserai pas crever seul là-bas. »

•MADAME BELIER

Crever!..

CHAMPLION.

Pardon du mot, madame. Jacques a la parole tendre et rude, comme le cœur. ' — Et, en effet, il a veillé sur moi, comme un père sur son iilsl Si je ne suis pas mort vingt fois pour une... Tenez, un trait entre mille !.. Un jour, nous nous étions égarés ; nous marchions depuis douze heures ; la nuit tombait, cette nuit d'Afrique, peuplée de bêtes féroces... Tout à coup nous apercevons les feux de notre campement, mais il y avait encore une grande lieue à faire et nous étions exténués de fatigue, de faim et de soif. Il nous restait une gorgée d'eau -de-vie à laquelle nous n'osions faire allusion ni l'un ni l'autre... a Je ne peux pas aller plus loin », lui dis-je. Il me regarda avec une iueffable tendresse, détacha la gourde en silf'iice, et, après une seconde d'hésitation, la vidant d'un trait : a II n'y en avait pas pour deux, me dit-il, et tu n'es pas de force à me [)orter I » — Voilà l'homme qu'on me demanda c!';.i:)nndonnerl

Je souscris pour cinq cents francs l

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