ACTE TROISIÈME
Je le veux bien; mais, quand mademoiselle de Birague s'y trompe, on peut s'y tromper, et vous lui devez, vous devez à toas les siens de ne pas Texposer à la malignité du monde.
CHAMPLIOX.
La malignité de votre monde ne daignerait certainement pas s'exercer à mon sujet. Je suis un trop mince personnage pour qu'elle m'honore de son attention.
PRÉVENQUIÈRÈ.
Pas au moment où votre nom occupe tout Paris.
CHAMPLION.
D'ailleurs, il y a un moyen bien simple de fermer la bouche aux plus malveillants. Si mademoiselle de Birague venait à être offensée, quel serait son champion naturel ? Vius, monsieur le comte !
PRÉYENQUIÈRS.
Gomment, moi?
CHAMPLION*
N'êtes -vous pas son tuteur, son second père? Eh bien, faites-moi l'honneur de me servir de témoin : personne ne supposera que vous m'ayez cédé votre place.
PRÉYENQUIÈRE.
J'entends bien, c'est un palliatif; mais mieux vaudrait er) core arranger l'affaire.
CHA.MPL10N.
Nous aurons plus tôt fait de la vider. Les saites n'en saiiraient être plus sérieuses que le motif.
Est-ce qu'on peut savoir?.. Une fois sur le terrain, il suffit d'an coup malheureux !
CHAMPLION.
Eh bien, quoi?.. Je suis honteux, mademoisella, de parler de ces choses-là devant vous.
CATHERINE
Ne vous excusez pas; on parle de ces choses-là devant mademoiselle de Birague. Mais vous n'avez pas le droit d'exposer votre vie, monsieur Ghamplion ; elle appartient à votre ami.
CHAMPLION.
Jacques I je l'avais oublié.
PRÉYENQUIÈRE.
C'est le moment d'y songer. Donnez-moi carte blanche et je cours...
CSAMPLlOIf.
Impossible I Jacques lui-même ne le voudrait pas.
PRÉVENQUIÈRE.
En vérité, mon cher enfant, s'il n'y a entre vous et M. d'Estrigaud que ce que nous savons...
CHAMPLION, d'nne ro\x brève.
Il y a autre chose.
Mais qu'y a-t-il? Parlez.
CHAMPLION.
Je ne peux pas vous le dire.
CATHERINE
Vous voyez bien que l'affaire est plus grave q«6 vous ne l'avouez I N'espérez pas nous donner le change... Un duel entre M. d'Estrigaud et vous, c'est un duel à mort.
CHAMPLION.
Pourquoi donc?