‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 176 sur 320 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LE COUTE, SYLVAIN, p..u LA COMTESSE.

I.E COHTE9 entrant par le fond, s' adressant à S/ivain qui traverse la setea.

. C'est toi, Sylvain ! Tout est- il prêt pour recevoir nos métayers ?

SYLVAIN

Voyez vous-même, monsieur le comte; les pichets sont pleins jusqu'au bord, et, (Moutrant le tonneau.) quand ils seront vides, voilà de quoi les remplir de nouveau.

LE COMTE

Bien avisé 1 Les gars n'ont pas encore paru T

SYLVAIN

Pas encore, monsieur le comte, mais ils ne peuvent tarder.

304 JEAN DE THOMMERAY.

LE COMTE

Braves gens '.. Ils ont assisté au départ, ils boiront avec nous le vin du retour... (Sylvain son.) La belle matinée I le gai soleil d'automne ! Il y a longtemps que la vie ne m'avait

semblé si légère. (La comtesse liesceod le perroa ; il va la reoevoir et loi baise la main avec une tendresse r^spectnense.) Eh bien 1 il est VenU C6

jour qui devait n'arriver jauiais... Chère femme, êtes-vous heureuse ?

LÀ COMTESSE

Vous le demandez, mon ami ! Vous demandez si je suis heureuse, quand je vais revoir mes deux iils, quand mes deux derniers nés me sont enfin rendus, après une si longue absence î

LE COMTE

Cinq ans!.. Oui, en effet, c'est une longue absence, mais qui aura été féconde ; ne la regrettons pas. Nous avons vu partir des enfants, nous allons retrouver des hommes. Comme leur frère aîné, ils ont appris à la grande école le respect de la règle et la pratique du devoir ; comme lui, ils ont payé leur dette au pays. Le pays nous les rend, Tépreuve est terminée, et nos trois ûls nous appartiennent.

Là COMTESSE.

Oui... mais Jean...

LE COMTE

Au fait, où est-il donc?

Là COMTESSE.

II est parti ce matin pour la chasse.

LE COMTE

Je comprends : pour fêter le retour de ses frères, il est allé leur cueillir un bouquet.

LA COMTESSE

Mon ami, est-ce que Jean ne vous inquiète pas on peu ?

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