PAUL, CAMILLE
CAMILLE
A quoi pensez-vous donc, monsieur?
PAUL, loi prenant les denx mains et les lui baisant tour à tonr.
Tiens, chasteté!
Tiens, jeunesse, droiture, innocence, bonté ! Voilà tes noms à toi!
CAMILLE
Vous oubliez tendresse.
PAUL
Quand on songe qu'il est des cœurs dans leur espèce Aussi parfaitement corrompus et véreux ^ I Que le tien est intact, candide et généreux...
Mon Dieu, mon Dieu! faut- il que les hommes soient bêtes I
CAMILLE
Comment?
PAUL
De se donner en pâture aux coquetlea.
Quand il se trouve encor des anges comme toi
CAMILLE
Pour qui dis- tu cela?
PAUL, souriant.
Pour des amis à moi.
00 PAUL FOR£STIER.
CAMILLE
Le sire de Beaubourg serait-il pas du nombre?
PAUL
Lui? pourquoi ?
CAMILLE
Je ne sais... je lui trouve Tair sombre Depuis son retour.
PAUL
Tiens ! ]e n'ai pas remarqué.
CAMILLE
Après cela, peut- être est-ce un air distingué Qu'il a contracté.
PAUL
Non... quelque chose le ronge, Ce garçon-là... c'est vrai, maintenant que j'y songe»
CAMILLE
On le voit rarement, il est distrait, contraint; Il semble s'exciter pour avoir de r^iitcaiiu. .
A PAUL
1. * Et, chose étrange à qui connaît le personnage, — ^\ ne raconte rien de son pèlerinage...
Aurait-il rencontré son malheur en chemin? J'en aurai le cœur net : j'irai chez lui demain.