‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 25 sur 320 · PAUL, CAMILLE · texte numérisé non relu

PAUL, CAMILLE

CAMILLE

A quoi pensez-vous donc, monsieur?

PAUL, loi prenant les denx mains et les lui baisant tour à tonr.

Tiens, chasteté!

Tiens, jeunesse, droiture, innocence, bonté ! Voilà tes noms à toi!

CAMILLE

Vous oubliez tendresse.

PAUL

Quand on songe qu'il est des cœurs dans leur espèce Aussi parfaitement corrompus et véreux ^ I Que le tien est intact, candide et généreux...

Mon Dieu, mon Dieu! faut- il que les hommes soient bêtes I

CAMILLE

Comment?

PAUL

De se donner en pâture aux coquetlea.

Quand il se trouve encor des anges comme toi

CAMILLE

Pour qui dis- tu cela?

PAUL, souriant.

Pour des amis à moi.

00 PAUL FOR£STIER.

CAMILLE

Le sire de Beaubourg serait-il pas du nombre?

PAUL

Lui? pourquoi ?

CAMILLE

Je ne sais... je lui trouve Tair sombre Depuis son retour.

PAUL

Tiens ! ]e n'ai pas remarqué.

CAMILLE

Après cela, peut- être est-ce un air distingué Qu'il a contracté.

PAUL

Non... quelque chose le ronge, Ce garçon-là... c'est vrai, maintenant que j'y songe»

CAMILLE

On le voit rarement, il est distrait, contraint; Il semble s'exciter pour avoir de r^iitcaiiu. .

A PAUL

1. * Et, chose étrange à qui connaît le personnage, — ^\ ne raconte rien de son pèlerinage...

Aurait-il rencontré son malheur en chemin? J'en aurai le cœur net : j'irai chez lui demain.

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