‹ Théâtre complet de Émile Augier (volume 2)Chapitre 302 sur 320 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

HENRI, REYNOLD, MOidau anis «nr lo euitpé.

HENRI

Je souffre beaucoup à te confier tout cela , mais il faut bien que tu saches dans quelle famille tu ^obstinés si généreusement à Touloir entrer. Ahl tu es heureux, toi, d*ayoir un père digne de ce nom !

RBTNOLD.

Je ne peux pas t'en donner la moitié, mais j'accepte carrément la moitié du tien. Il sera moins lourd à porter sur quatre épaules. Et veux- tu savoir le fond de ma pensée ? Je suis enchanté que mon futur beau-père ne soit pas l'homme qu'il m'avait semblé d'abord : ses torts sont la justification de ta mère.

HENRI

N'est-ce pas? C'est horrible à dire, mais cette révélation, qui m'avait d'abord accablé, me soulage maintenant. Si M. Merson n'était qu'un homme de plaisir, un étourdi égoïste, malgré tous ses torts envers nous, malgré mon profond amour pour ma mèrei mon cœur resterait déchiré entre eux.

508 MADAME CAVERLET.

Il n'hésite plus ; il est tout entier du parti de ma mère ; et c'est pourquoi je ne veux pas qu'elle accepte la prétendue grâce que M. Merson avait eu l'adresse de me faire implorer.

RETNOLD.

Tu as mille fois raison. Mais qu'allez-vous faire pour vous délivrer de lui?

Je n'en sais rien, et n'e^ veux rien savoir. Ce n'est pas là ce qui me tourmente ; c'est notre situation en dehors de lui. Elle est effroyable I Cette pauvre maison, si heureuse hier, si régulière, si honorée, est bouleversée pour toujours. Nous faisons un effort devant Fanny qui doit tout Ignorer. ..

REYNOLD

Mais qui finira par s'étonner de cette contrainte si cet état de choses se prolonge.

HENRI

Il ne se prolongera pas. M. Caverlet avec sa noblesse ordinaire m'a offert de quitter la place...

RETNOLD.

Ah! c'est bien!

HENRI

J'ai rétléchi toute la nuit. Eh bien, non! je ne peux paâ séparer ces deux êtres si bien faits l'un pour l'autre, si étroitement imis par les côtés les plus élevés de l'âme, qui m'ont tous les deux entouré de tant de tendresse et de dévouement...

RETNOLD.

Et pourtant tu ne peux pas rester entre eux.

HENRI

Non! Mais j'ai une patrie maintenant. Je vais la

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